SORTIE LE 6 JANVIER 2016

Trois ans après Django Unchained, Quentin Tarantino empoigne à nouveau le western avec Les 8 salopards. Un film qui se distingue entre autres par sa musique, le cinéaste ayant fait appel aux services du maestro Ennio Morricone. Le compositeur italien n’avait pas signé de bande originale dans ce registre depuis 1975.

La sortie d’un film de Tarantino est toujours un événement, et ses Huit salopards (devenus des enragés au Québec) ne font pas exception. Le synopsis : après la Guerre de Sécession, huit voyageurs se retrouvent coincés dans un refuge au milieu des montagnes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, ils réalisent qu’ils n’arriveront peut-être pas à rallier Red Rock comme prévu… Pour son 8ème long-métrage, le cinéaste nous la fait western, très en vogue cette année, avec une bonne dose de spaghettis côté musique. La bande originale est pour le moins clinquante, avec la mise à contribution du maître en la matière, le shérif Ennio Morricone, lequel, au passage, n’avait pas dégainé de mélodies pour les cowboys depuis 1975. Autant dire que ça a chuchoté sec dans les saloons du 7ème art. Un événement dans l’événement. Outre le maestro, d’autres ont réussi à se faufiler jusqu’à la partition, comme The White Stripes et Roy Orbison. Une B.O. clinquante, avec la mise à contribution du maître en la matière, le shérif Ennio Morricone.Un film de Tarantino, ça signifie aussi des visages connus devant la caméra. L’intéressé, on le sait, aime s’entourer d’acteurs qu’il connaît bien. Dans ce registre, Samuel L. Jackson remporte la palme, puisque The Hateful Eight marque sa 4ème collaboration avec l’enfant terrible du cinéma, après Jackie Brown, le second volet de Kill Bill, et bien entendu Pulp Fiction (avec son verset devenu culte), qui avait décroché les mâchoires cannoises en 1994, mais aussi la récompense suprême, au prix d’une mise en scène culottée. Le western et Tarantino, c’est une affaire qui roule, qui roucoule même, depuis longtemps. L’Américain est un fan du genre, en particulier des séries télévisées des années 60, Bonanza notamment, qui l’ont fortement inspiré pour sa récente création. On se souvient aussi que son précédent projet, Django Unchained, au passage son film le plus cher du haut de ses 100 millions de dollars (le dernier en a coûté 44), s’était aussi aventuré sur ce terrain, dans une Amérique raciste et esclavagiste. L’affiche des Huit salopards rend également hommage aux colts et aux grands espaces, et plus précisément à La chevauchée fantastique de John Ford.  Au niveau du contenu, Quentin Tarantino reprend ses bonnes vieilles recettes, avec une grosse promo sur l’hémoglobine, un huis clos façon Reservoir Dogs, et des répliques qui claquent comme des coups de fusils. Il y a aussi, derrière cette première couche, un propos moins tape-à-l’œil, en tout cas plus actuel. C’est ce qu’il confiait en août dernier au New York Times, au cours d’une interview où il s’était laissé aller à un tas de confessions. Ce western parle de son époque, et plus particulièrement des tensions raciales. Selon lui, ce western parle de son époque, et plus particulièrement des tensions raciales qui font les manchettes des Etats-Unis depuis quelque temps. Sa participation à une manifestation contre la brutalité policière à New York lui a d’ailleurs valu les foudres de cette profession, au point où certains ont appelé au boycottage de sa bande de cowboys patibulaires. Le titre donne lui aussi matière à ergoter. Car c’est seulement la deuxième fois qu’une œuvre de Tarantino est traduite dans la langue de Molière, après Death Proof, qui était devenu Boulevard de la mort. Cette version permet au passage de faire un clin d’œil à d’autres salopards célèbres, portés à l’écran par Robert Aldrich en 1967. Quentin Tarantino s’était d’ailleurs inspiré de ce film de guerre, un de ses préférés, pour réaliser son Inglorious Basterds.  Précisons pour terminer que Les 8 salopards sera projeté en deux versions, dont une en 70 mm d’une durée de 3 heures, soit 15 minutes de plus que Django Unchained, qui détenait le précédent record dans sa filmographie. Un long-métrage qui a bien failli tomber à l’eau, après la divulgation du scénario sur le Net en janvier dernier. Le réalisateur n’avait pas exclu non plus d’en faire une pièce de théâtre.