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Le Brexit pourrait faire perdre jusqu’à 5.000 emplois à la Wallonie selon une simulation réalisée par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS).

« Les effets potentiels du Brexit sur les économies européennes demeurent à ce stade, délicats, à estimer », précise d’emblée l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) qui tente néanmoins de déterminer quelles seront les répercussions économiques potentielles du Brexit sur la Wallonie. Pour l’IWEPS, près de 20 000 postes de travail, en Wallonie, dépendraient des exportations belges de marchandises vers le Royaume-Uni, soit 1,6 % de l’emploi total mesuré dans la région en 2015. « L’économie flamande serait globalement davantage exposée à ce marché, puisque 2,7 % de son emploi total dépendraient des exportations belges de marchandises vers le Royaume-Uni (soit 72 000 postes de travail) », précise l’institut.  Dans un scénario de Brexit plutôt défavorable, caractérisé par un échec des négociations (hypothèse appelée « hard » Brexit dans la littérature), les estimations font apparaître qu’un peu plus de 5 000 postes de travail seraient menacés en Wallonie (soit 0,4 % du total). Dans ce scénario, l’ampleur des répercussions sur la Flandre serait sensiblement plus conséquente, puisque 0,8 % de l’emploi total y serait menacé (soit 21 000 postes). « Cette différence de sensibilité tient, pour partie, à l’exposition globale au marché britannique, mais aussi à des effets de composition différenciée des exportations à destination de ce marché » précise l’étude. Concrètement, les principaux  flux d’exportation de la Wallonie  concernent des produits pharmaceutiques et apparentés (matériel médical) ainsi que des produits chimiques, pour lesquels les niveaux moyens de tarif sont globalement relativement faibles au niveau mondial, tandis que les exportations de la Flandre concernent davantage de produits tels que les équipements de transport et les produits de la transformation alimentaire, catégories pour lesquelles les tarifs moyens à l’importation sont relativement plus élevés. En outre, la demande internationale pour ces produits apparaît davantage élastique au prix. Il s’agit là d’estimations, tout dépendra, bien entendu, de l’issue des négociations toujours en cours entre le Royaume-Uni et les 27 pays de l’Union européenne.