Hugh Coltman © Droits Résevés

Avec Who’s happy ?, son dernier projet enregistré à la Nouvelle-Orléans, le chanteur Hugh Coltman renoue avec l’écriture tout en se gorgeant des couleurs et des musiques de The Big Easy.

Après deux albums sous son nom, Hugh Coltman a enchaîné les hommages avec Shadows, disque autour de Nat King Cole qui l’a consacré « Voix de l’année » lors des Victoires du Jazz 2017, avant de participer à des projets autour de Chet Baker puis BB King avec sa formation The Hoax. Il était temps pour le britannique installé à Montreuil de se confronter à nouveau à une création originale. La richesse des musiques de la Nouvelle-Orléans constituaient le terrain idéal pour s’immerger dans un nouveau projet. Il réalise quelques enregistrements guitare-voix très bruts avant de se décider à aller sur place rencontrer des musiciens. « Je me suis autorisé à suivre mes envies, raconte Hugh Coltman. Sur place, je voulais laisser parler la musique sans faire aucune maquette, on a beaucoup improvisé. »

Co-réalisé par le guitariste Freddy Koella, l’album réunit huit musiciens pour donner toute leur dimension à des chansons aux identités diverses, tantôt blues, soul, folk minimaliste, latino… Hugh Coltman, qui déteste le qualificatif « réducteur et trompeur » de crooner dont la presse l’a parfois affublé pourra sans doute corriger cette image faussée avec Who’s happy ?. L’homme n’a rien d’un chanteur à voix et laisse parler des émotions plus subtiles, déconnecté de la notion de performance. Ici, tout est simple mais pas simpliste, direct, habité par la désinvolture et le groove particulier de la Nouvelle-Orléans, marqué par les cultures cajun, les sons cubains, africains, les cuivres des fanfares… des éléments que s’est approprié le chanteur tout en évitant le pastiche. « Je ne voulais pas faire une carte postale, précise-t-il, mais emprunter, utiliser les couleurs et les musiques de la Nouvelle-Orléans pour réaliser quelque chose de personnel. »

Samedi 19 mai au NEC de Marly
marlyjazzfestival.com