Après l’abandon de l’A32, un grand débat sur l’A31 bis est ouvert qui courra sur toute l’année 2015 avec pour objectif principal de sortir l’axe Nord-Sud lorrain de l’ornière en tâchant d’écouter toutes les parties et en construisant un projet compatible avec le Grenelle de l’environnement.

A31-BIS-CHARGÉE (© Stéphane Thévenin)L’exercice n’est pas aisé, tout le monde d’ailleurs s’y casse les dents depuis de nombreuses années. La congestion de l’A31 pose des difficultés importantes, tant pour les déplacements quotidiens des usagers, que les mouvements occasionnels et de loisirs, que pour le transport de marchandises, qui, tous, souffrent de la saturation des réseaux actuels. L’État, ici maître d’ouvrage, a proposé un nouveau projet qui induit l’aménagement des infrastructures existantes tantôt 2×3 voies, la remise à niveau environnementale (bruit, protection de la ressource en eau et de la faune) et la construction de nouveaux tronçons autoroutiers en 2×2 voies : une liaison de cinq kilomètres qui relierait l’A30 et l’A31 Nord et un barreau reliant Toul à Dieulouard d’une longueur de 33 kilomètres. Différentes options de tracé et de modalité de financement sont étudiées et proposées, notamment la mise à péage éventuelle de certains tronçons. Selon les scénarios choisis au terme d’une grande consultation publique, la réalisation des travaux est prévue entre 2024 et 2030.

Afin d’offrir la possibilité à tous de participer à la réflexion sur l’opportunité du projet A31bis et à son élaboration, avant que ses caractéristiques précises ne soient fixées, une commission particulière indépendante présidée L’idée étant de faire, une bonne fois pour toutes, émerger un projet viable.par l’ancien préfet Michel Morin, doit veiller à la bonne information du public, animer des réunions publiques, coordonner les débats et finalement, rendra ses conclusions au maître d’ouvrage. L’idée étant de faire, une bonne fois pour toutes, émerger un projet viable qui satisfasse le plus grand nombre. Le débat public sera donc l’occasion de traiter tous les aspects de l’A31 bis et notamment les besoins du territoire, les impacts du projet, les variantes possibles, d’envisager les alternatives proposées et les scénarios de financement. Les réunions publiques ont commencé le mois dernier et s’achèveront fin juin, le compte-rendu de la commission sera restitué mi-septembre pour une prise de décision finale prévue pour la mi-décembre.

Tous les citoyens sont donc conviés par tous les médiums possibles, à contribuer et donner leur avis, ainsi, outre les réunions d’ouverture qui se sont tenu les 15 et 16 avril derniers à Nancy et Metz, une première réunion thématique sur l’économie du projet a eu lieu à Woippy. Les prochaines réunions thématiques concerneront les financements de la structure, le 20 mai à l’Espace Montrichard de Pont-à-Mousson ; l’offre globale de transport, le 21 mai au Théâtre municipal de Thionville ; sa globalité, le 1er juin à l’Amphy de Yutz ; l’environnement, le 2 juin à la Salle de l’Arsenal de Toul. Deux réunions de clôture fermeront la marche le 24 juin au Palais des Congrès de Nancy et le 25 juin à Metz Congrès. Tout un chacun peut, en parallèle de ces débats, contribuer sur le site A31bis.debatpublic.fr.


UNE CERTAINE LASSITUDE

Le Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (CESEL), qui suit le dossier de l’A31 depuis de nombreuses années, s’est déjà prononcé quant à ce qu’il requiert. Si une telle consultation lui apparaît aussi incontournable que décisive, c’est que ce débat souffre d’une « certaine lassitude » malgré « l’importance des enjeux » et un coût substantiel d’un milliard à un milliard et demi d’euros, selon le président de l’organe consultatif, Roger Cayzelle. Préconisant une approche globale pour cet axe tant local qu’européen, le CESEL est favorable à l’optimisation du tracé existant du Nord au Sud entre aménagement à 2×3 voies, « traitement qualitatif de barreaux neufs où l’élargissement [lui semble] possible, notamment un contournement de Thionville et la création d’un axe Gye-Dieulouard ». Enfin, le CESEL recommande la valorisation « d’un usage intermodal de la route en complémentarité avec les autres modes avec une troisième voie réservée aux transports en communs et covoiturage, le développement du TER, des transports en commun routiers [avec localisation des parking dédiés aux covoiturage et relais], et le développement du transport fluvial et ferroviaire pour les marchandises, en lien avec les plateformes multimodales le long de la Moselle. »