Femme rabbin, née à Nancy, Delphine Horvilleur est aux côtés de celles et ceux qui perdent un être cher. Il importe alors de trouver les mots et le récit qui sauront transformer la mort en leçon de… vie. 

Petit traité de consolation » est-il aussi écrit sur la couverture de ce livre qui commence par ces mots : « Juste avant le début d’une cérémonie au cimetière, mon téléphone sonne. Je décroche : ‘Impossible de te parler maintenant. Je te rappelle juste après l’enterrement… ‘. La scène s’est si souvent répétée que mes amis ont fini par la tourner en dérision. ». Delphine Horvilleur (née à Nancy) est philosophe, passionnée de cinéma, maman, mais également rabbin. Et être rabbin, c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits ». À travers onze chapitres, l’auteure superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli. Ce livre qui raconte quelques-unes de ses histoires « vécues », rappelle également que nous vivons finalement tous avec des fantômes. Et le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte « pour s’assurer qu’elle reste ouverte » afin de permettre à chacun de faire la paix avec… eux.             

Vivre avec nos morts

de Delphine Horvilleur, Éd. Grasset