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Avec le festival Sonic Visions, la Rockhal d’Esch-sur-Alzette ouvre l’ancien site sidérurgique de Belval à un moment de découverte des tendances musicales de demain, tout en invitant les professionnels à une série d’ateliers et de rencontres avec l’industrie musicale internationale.

À son ouverture en 2005, la Rockhal se dressait au milieu d’un site de Belval qui n’était qu’au début de sa transformation. Trois ans plus tard, elle lançait la première édition de son festival, Sonic Visions, qui s’est développé en même temps que son environnement. Les alentours du haut-fourneau et les anciens bâtiments industriels qui entouraient la grande salle de concerts luxembourgeoise offrent un cadre unique à un événement qui accueille en 2019 une trentaine d’artistes de tous horizons. En soirée, le parvis de la Rockhal, l’intérieur des bâtiments industriels ou encore un dôme métallique de 200 m², confèrent une certaine atmosphère au festival, décoré d’une cinquantaine d’automates lumineux. On navigue entre rock, pop, musiques urbaines et électroniques, avec quelques fulgurances jazz, folk ou musiques du monde… le festival se veut le reflet des tendances actuelles et futures tournées vers la fusion des genres.

La programmation affiche des noms qui ne sont peut-être pas les plus connus du grand public. Le succès de certains d’entre eux est confirmé sur les plate-formes de streaming ou à l’étranger, mais pas sur les scènes de la Grande région : le Sonic Visions compte bien réparer cela. La pop mutante de Yungblud, nouvel écorché vif adulé par la jeune génération britannique, le hip-hop affûté du berlinois Kelvyn Colt, la poésie dopée aux sonorités électo vintage des français de Videoclub sont quelques-unes des découvertes à faire lors d’un Sonic Visions qui se veut défricheur, éclectique, anticipant les tendances de demain. La chanteuse Aloïse Sauvage, qui a connu ses premiers succès parisiens il y a quelques mois, était déjà dans le collimateur du festival en début d’année. D’autres, comme l’irlandais Dermot Kennedy, qui s’est déjà produit en première partie de Lana Del Rey et a travaillé avec le producteur Mike Dean, collaborateur de Kanye West, ou encore Alec Benjamin, chanteur et songwriter influencé par des artistes comme Eminem ou Paul Simon ont déjà effectué des tournées mondiales. Balthazar, Portland ou Last Train représenteront la scène rock belge et française, tandis que le songwriter Chaild ou The Choppy Bumpy Peaches et leur rock psychédélique porteront les couleurs de la scène locale. Pour la première fois cette année, Sonic Visions proposera un after-show dédié à la musique électronique, qui se poursuivra jusqu’au matin au sein du Cube, la salle de l’Université de Luxembourg voisine.

Sur la carte et dans l’esprit, Sonic Visions et la Rockhal sont au carrefour de l’Europe. Une réalité qu’ils concrétisent avec le Music Lab en journée : conférences, tables-rondes et ateliers réuniront une centaine d’intervenants professionnels de l’industrie musicale venus du monde entier, managers, directeurs de festivals, de salles de concerts et de labels, ingénieurs du son, réalisateurs, bookers, entrepreneurs des industries créatives, spécialistes de l’accompagnement des artistes… les groupes amateurs notamment trouveront de nombreuses informations pour mener à bien leur carrière, ainsi que l’oreille attentive de professionnels des scènes allemandes, luxembourgeoises, françaises et belges à l’occasion de « speedmeetings » privilégiés. Invités d’honneur de cette édition 2019 : Pedro Winter, légendaire fondateur du label Ed Banger, et Mac Andrews, manager du groupe Imagine Dragons.

Diversité, découverte et sens de la fête constituent la formule de Sonic Visions… une expérience à tenter pour son atmosphère et la qualité des concerts.

Les 15 et 16 novembre sur le site de Belval, à Esch-sur-Alzette.
www.sonicvisions.lu