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Trop optimiste Manuel Valls qui promettait la gueule de bois au peuple de gauche, au lendemain de la primaire, si jamais Benoît Hamon en sortait vainqueur. Il n’y aura pas de gueule de bois parce qu’il n’y a eu aucune griserie au cours d’une campagne sans goût ni saveur.

L’intérêt qu’elle a suscité, c’est un doux euphémisme, a été bien moindre que la primaire de la droite. Même le Président de la République, François Hollande, ne s’y est pas trompé qui l’a boudée. Il l’a suivie de loin, au sens propre du terme, puisque de l’étranger. Il faut dire qu’il n’y avait que des coups à prendre pour celui qui avait décidé de jeter le gant. Il pensait se disculper. Las ! Il est le premier responsable de ce qui se terminera par tout sauf un happy end.

De bout en bout, tout aura été pitoyable dans ce scénario aux allures de film catastrophe. Le calice bu jusqu’à la lie, il aura même fallu en lécher le fond, avec le rocambolesque épisode de la supercherie du comptage des électeurs au premier tour. Digne des pieds nickelés ! Et comme si tout cela n’avait pas encore été suffisant, l’entre deux tour aura même été occulté par… la droite, avec le, non moins calamiteux pour François Fillon, Pénélopegate. C’est vraiment carton plein pour le Parti socialiste appelé, à très court terme et pour longtemps, à disparaître des écrans radar. Comme ce fut déjà le cas dans bon nombre de régions de France, à l’issue des élections régionales de 2015. La descente aux enfers se poursuit, sans purgatoire possible. Il ne reste aux socialistes que les yeux pour contempler le champ de leurs propres ruines et pleurer d’amertume face au lamentable gâchis.

Il y a fort à parier qu’ils seront nombreux, dans les semaines à venir, à quitter la gabarre pour aller rejoindre celui qui apparaît, à chaque jour qui passe, comme un plus habile nautonier, Emmanuel Macron.La pugnacité de Manuel Valls dans l’entre deux tours, aura été insuffisante. Il paie, seul mais cash, le bilan calamiteux de la gauche de gouvernement. Arnaud Montebourg, victime de son dandysme, a été, lui aussi, rejeté par les militants. Il est condamné à n’être définitivement qu’une force supplétive. Et c’est, une fois encore, un candidat surprise, en l’espèce Benoît Hamon, qui a crânement tiré son épingle d’un jeu pervers où, à tous les coups l’on perd.

Le voilà, largement vainqueur, désormais en première ligne, avec son revenu universel et sa casaque de frondeur, pour démontrer, une bonne fois pour toute, que la gauche et le pouvoir sont définitivement irréconciliables. Car, paradoxe suprême de cette désignation, même au Parti Socialiste, personne n’est dupe et ne croit en une possible victoire en mai prochain. Il y a même fort à parier, que dans le secret de leurs consciences, les perdants d’aujourd’hui se réjouissent déjà, en pensant exclusivement à la refondation de demain. En effet, pendant que Benoît Hamon va s’escrimer à tenter de faire mieux que de la figuration, pris en tenaille entre Macron et Mélenchon, c’est une autre bataille qui va se jouer : espérer faire renaître le phénix du PS de ses cendres. C’est plus vite dit que cela ne se fera.

Parce qu’une fois que la défaite finale aura été pleinement consommée, au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril prochain, il sera démontré que le socialisme utopique des frondeurs est aussi incapable d’accéder au pouvoir que le socialisme de gouvernement est impuissant à le conserver. Après qu’ils auront tous été tués, personne ne parviendra plus à reconnaître les siens !

Refonder dans ces conditions, sera une tâche indispensable même si elle apparaît quasi impossible à réaliser. Notamment parce que personne n’aura la légitimité, le charisme, la patience et la force nécessaires pour espérer reconstruire un projet nouveau, ouvert sur l’avenir. A fortiori parce qu’il y a fort à parier qu’ils seront nombreux, dans les semaines à venir, à quitter la gabarre pour aller rejoindre celui qui apparaît, à chaque jour qui passe, comme un plus habile nautonier, Emmanuel Macron. Les spirales de la victoire possible, sont toujours autrement plus attrayantes que les vortex de la défaite assurée. Il sera bien temps alors d’appeler à la rescousse les figures tutélaires, de Jaurès à Mitterrand. À chaque jour suffit sa peine.