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Traversée par la Vistule, la capitale de la Pologne en surprendra plus d’un, à l’image de son architecture combinant des styles en apparence inconciliables. Authentique, accueillante, artistiquement et culturellement débridée, Varsovie vogue entre son passé douloureux et son ardente envie d’aller de l’avant.

Moins séduisante que Cracovie, Varsovie s’avère pourtant surprenante à plus d’un titre. Ce qui frappe en premier dans cette ville devenue la capitale de la Pologne au 16e siècle, c’est le mélange de styles, improbable, qui caractérise son architecture, à la fois vitrine de son évolution et témoin de son douloureux passé. Car cette métropole ouverte et cosmopolite en a bavé, elle qui fut presque entièrement détruite par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Ça ne l’a pas empêchée de renaître de ses cendres, à l’image de son centre historique (lire autre texte), ou de la basilique Saint-Jean-Baptiste, la plus imposante du pays par son ancienneté et son histoire, qui prête son cadre à des concerts de musique sacrée. Parmi les monuments qui aimantent le regard, comment ne pas citer le palais de la Culture et de la Science. Ce cadeau de Staline, gratte-ciel de béton culminant à 230 mètres, est décrié par une partie de la population, peu friande de ce symbole ostentatoire de l’ancienne domination soviétique sur la patrie de Lech Walesa. Ce mastodonte abrite entre autres des musées et salles de concerts, un cinéma, une piscine, ainsi qu’une terrasse panoramique, au 30e étage.

Réputée pour le sens de l’accueil de ses habitants, Warszawa promet un réel dépaysement, à seulement deux heures en avion depuis Paris. Sa vitalité artistique et culturelle en fait une destination de choix, mais aussi sa gastronomie, simple et savoureuse, où les grands classiques du patrimoine culinaire polonais se mêlent à des mets internationaux. Du côté des visites, le touriste aura l’embarras du choix, avec, parmi les incontournables, le palais de Wilanów (surnommé le « Versailles polonais »), le musée Chopin (l’enfant du pays), ou le Palais Royal Lazienti, ancré dans un joyau paysager imprégné d’eau où la promenade devient une évidence. Sans oublier le Château Royal, un des monuments les plus visités de la capitale, qui révèle le visage qu’elle avait autrefois, avant d’être balafrée par la guerre. Ou encore le Fotoplastikon, un petit musée où apparaît le plus ancien théâtre stéréoscopique d’Europe (1905).

Il faut aussi aller se balader sur la rive droite de la Vistule – fleuve emblématique de Pologne – moins fréquentée et sexy il est vrai que la rive gauche, décor du singulier Praga. Un autre monde, assurément, que ce quartier longtemps considéré comme malfamé. Authentique à souhait, ce secteur en pleine revitalisation (et gentrification) abrite de nombreux artistes d’avant-garde et étudiants, qui apprécient son caractère bohème, mais aussi son atmosphère sans pareil avec le reste de Varsovie, avec ses vieux immeubles de briques rouges synonymes de voyage dans le passé, ses bazars (où l’on peut tout acheter), ses cafés agréables, ses bars aux bières artisanales, sa scène musicale effervescente, ou encore son street art très présent. C’est aussi dans ce Praga historique, rare secteur épargné par 39-45, que l’on peut croiser une des centaines de chapelles ou de statues de la Vierge qui y sont disséminées, dans une cour intérieure ou sur une façade. L’autre visage d’une ville où les croyances et les traditions religieuses ne sont pas en carton. A preuve ces cimetières que l’on visite comme des musées, qui offrent un spectacle inoubliable lorsqu’ils se parent de milliers de bougies à la Toussaint.


Bellotto : Sauveur du Stare Miasto

Il faut trouver un symbole de la détermination du peuple polonais à se relever dans les moments difficiles, nul doute que la Vieille Ville de Varsovie (ou Stare Miasto) remplit ce rôle à la perfection. Difficile d’imaginer qu’une grande partie de ce quartier pittoresque a moins de 100 ans. Et pourtant… Le centre historique a en effet été au cœur d’une méticuleuse campagne de restauration après la Seconde Guerre mondiale, qui a infligé des dégâts considérables à son patrimoine bâti, avec plus de 80 % de destructions. Une gracieuseté des troupes nazies, qui avaient reçu l’ordre d’Hitler de tout raser pendant le soulèvement de Varsovie, en août 1944.

Il a fallu 5 ans pour reconstruire à l’identique ou presque la Vieille Ville, en se basant non sur des plans mais sur des tableaux ! En l’occurrence ceux de Bernardo Bellotto – aussi appelé Canaletto, comme son oncle -, un peintre vénitien du 18e siècle qui a séjourné dans la capitale polonaise et était reconnu pour sa grande maîtrise des détails architecturaux. On peut d’ailleurs voir une vingtaine de ses toiles ou védutes au Château Royal de Varsovie.

La place du Marché est une des grandes attractions de cette zone qui a renaît de ses cendres. Cernée de maisons colorées d’inspiration Renaissance ou baroque, elle abrite la statue d’une sirène brandissant épée et bouclier, considérée comme l’emblème de la ville. On y trouve aussi le musée de Varsovie, ainsi que le musée de la littérature Adam-Mickiewicz.