La consultation publique lancée par le président du Conseil régional, Jean-Pierre Masseret, au sujet de la gare d’interconnexion de Vandières en dépit de l’avis négatif du CESEL et de son président Roger Cayzelle qui jugeait qu’elle « allait dans le mur », s’est soldée par un « non » majoritaire. Alors que le projet semble abandonné, la question a divisé les écologistes et la gauche et semble avoir renforcé la droite et le centre.

MASSERET (© Mensuel L'Estrade)Dès le vote de l’assemblée régionale quant à la tenue ou non d’une consultation, les divisions se sont inscrites dans le marbre : PS et PC avaient voté pour, UMP et FN avaient voté contre et les écologistes s’étaient abstenus. Une abstention qui n’est pas sans rappeler que l’actuelle majorité régionale avait justement rallié les écologistes en 2004 avec le projet de Vandières. Quelque 11 ans plus tard, les Verts ont pu apprécier que non seulement le projet n’était toujours qu’à l’état de concept, mais qu’en plus on le remettait sur la balance… La consultation décidée, celle-ci a soulevé de nombreux débats, notamment concernant son coût alors qu’une abstention record était à prévoir. Les maires du Sillon lorrain (Épinal, Nancy, Metz et Thionville) ont été les premiers à s’indigner de la charge financière que représentait pour eux ce référendum régional dont une partie seulement des frais était couverte par la Région. Les quatre villes ont d’ailleurs décidé de ne pas ouvrir tous les bureaux de vote dans un souci d’économie. Le résultat de la consultation est sans appel : 58% des votants ayant exprimé leur désaccord face au projet, ce qui ne représente d’ailleurs guère que 4,8% du corps électoral lorrain. Si le taux de participation n’a pas mobilisé 10% de l’électorat, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges se sont montrés majoritairement favorable, un résultat qui a laissé quelque espoir au président de l’exécutif lorrain qui a argué un court instant d’une égalité des « oui » et des « non » entre les départements pour estimer la question non encore tranchée. C’était sans compter sur la majorité régionale qui s’est déclarée en faveur du respect des suffrages exprimés.

C’est ainsi que le 19 février, Jean-Pierre Masseret a fini par annoncer laconiquement que le projet ne se ferait « pas sous cette mandature ». Bien que les élus aient jusqu’à avril 2016 pour décider de la construction ou non de cette gare sans quoi le financement du projet via la taxe régionale sur les carburants sera « perdue » pour la Lorraine, Vandières semble abandonnée à son sort. La majorité régionale sort de ces arguties divisée et mortifiée.