La 3e ville d’Espagne souffre parfois de la réputation encombrante de Madrid et de Barcelone. Ce musée à ciel ouvert, où passé et modernité se conjuguent avec bonheur, ne manque pourtant pas de charme. La beauté de ses plages, la saveur de sa légendaire paella, ou encore son soleil omniprésent sont quelques atouts de cette cité surprenante.

Les probabilités de tomber sur le soleil à Valence sont grandes. Avec 300 jours de jaune au menu, la 3e ville d’Espagne a toutes les chances de séduire le touriste. Et quoi de mieux qu’une plage pour en apprécier les rayons ? Ça tombe bien, car cette ville fondée par les Romains en 138 avant J.-C. en possède de très belles, comme celles de la Malvarrosa et Las Arenas, les plus proches, où les restaurants se succèdent le long d’une promenade bordée de palmiers. C’est notamment dans le secteur de ces longues bandes de sable fin et doré que l’on déguste les meilleures paellas. Ce plat typique, inventé à Valence, est généralement composé de lapin et de poulet… mais en aucun cas de chorizo ! La Marcelina, la Casa Navarro ou encore la Casa Carmela font partie des adresses réputées pour la préparation de ce met savoureux remontant au 18e siècle.

À Valence, il n’y a pas que la météo et la bouffe qui font le bonheur des convives. Il y a aussi l’histoire. L’UNESCO ne s’y est pas trompée, en classant notamment au patrimoine mondial la magnifique Bourse de la soie, véritable chef d’œuvre du gothique flamboyant, et au passage le plus grand monument civil du genre en Europe. Se balader dans cette cité taillée pour la pratique du vélo signifie bien sûr d’aller humer le parfum de son cœur historique, avec son quartier millénaire del Carmen, qui regroupe des sites culturels d’intérêt majeur comme la cathédrale (13e siècle) et son Miguelete (clocher de style gothique), la place de la Vierge (lieu de rendez-vous par excellence), la place de la Reine (une des plus belles de Valence), le Palais du marquis de Dos Aguas (qui abrite le musée national de la céramique), ou encore les tours de Serranos et de Quart, qui ramènent à l’époque médiévale, lorsqu’elles servaient à la fois d’entrée et de protection pour la ville fortifiée.

Il faut ajouter à cette liste alléchante l’incontournable et imposant El Mercat, la Mecque des gourmands depuis sa création en 1928, très fréquentée par les habitants et les touristes. Produits locaux et spécialités régionales abondent sous le grand dôme de ce marché central emblématique doté de mosaïques et de vi-traux peints à la main. Les amateurs de musées ne seront pas en reste puisque Valence en rassemble 34. Quelques idées : l’Institut Valencia d’art moderne, le Museo Fallero, lié aux mythiques Fallas (lire ci-dessous), ou encore le Musée des beaux-arts, un concentré de peintures, parmi lesquelles des œuvres de Goya, Vélasquez et Ribera.

Célèbre pour ses oranges – ses rues sont remplies d’orangers qui procurent leur quota d’ombre – Valence l’est aussi pour ses parcs publics. Cinq au total, dont les Jardins du Turia, le plus grand parc urbain d’Europe. Dessiné par le célèbre architecte Ricardo Bofill, il a été aménagé dans le lit de la rivière du même nom, qui traversait Valence jusque dans les années 60. Ce Central Park espagnol composé de 18 ponts débouche sur la Cité des Arts, un complexe culturel à l’architecture futuriste qui porte la griffe du Valencien Santiago Calatrava. Inauguré en 2002, ce mastodonte de verre et de béton abrite plusieurs édifices dont l’imposant Oceanogràfic, le plus grand aquarium européen, qui comprend notamment un delphinarium et abrite des centaines d’espèces de poissons et de mammifères marins comme le béluga ou le morse. Le symbole d’une ville tournée vers l’avenir mais qui n’a pas pour autant renié son illustre passé.


Les Fallas embrasent la ville

À Valence, ce ne sont pas les hirondelles qui font le printemps, mais les Fallas. La 3e ville d’Espagne célèbre de façon excentrique l’arrivée de cette saison. Ce grand carnaval en met plein les yeux et les oreilles, avec notamment d’étourdissants feux d’artifice, appelés mascletas, qui embrasent le ciel. Les Fallas, ce sont aussi des rafales de pétards, des défilés de femmes en costumes traditionnels, des offrandes de fleurs à la Vierge Marie… sans oublier les corridas.

Cette fête populaire haute en couleurs, la plus importante de Valence, se déroule chaque année en mars, même si des évènements sont organisés ponctuellement dans la ville dès le mois de février. Durant plusieurs jours, la cité espagnole est envahie par des statues géantes satiriques qui prennent pour cibles des personnalités artistiques et politiques. Il y a fort à parier que Donald Trump y aura droit, comme en 2017, de même que Carlos Puigdemont, en écho à la situation en Catalogne. Les festivités s’achèvent avec la Cremà, qui a lieu le jour de la Saint-Joseph, patron des charpentiers, avec un grand feu de joie qui réduit en cendres ces sculptures éphémères parfois aussi hautes qu’un immeuble, et dont les plus coûteuses peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Les Fallas de Valence auront lieu cette année du 15 au 19 mars. Peut-être pas la bonne période pour les ochlophobes, mais assurément un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs de grandes fêtes populaires !