© Illustration Fabien Veançon

18 contre 1. C’est le nombre de cofinancements de contrats doctoraux obtenus respectivement par les sites de Nancy et de Metz de l’Université de Lorraine. Un déséquilibre qui ne se justifie pas selon un collectif d’universitaires.

L’abandon du projet de création d’une école d’ingénieurs à Metz (projet Mista) a mis en lumière les tensions existant au sein de l’Université de Lorraine (UL), entre Metz et Nancy. Pour résumer, Nancy où tout se décide, se « soigne » au détriment de Metz et de ses différents campus et écoles. Un projet autour de l’Intelligence Artificielle (IA) vient jeter un peu plus d’huile sur le feu et souligner, une fois encore, une différence de traitement entre les deux villes. En juin 2019, l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) avait lancé un appel à programmes « contrats doctoraux en Intelligence Artificielle » ouvert à tous les établissements habilités à délivrer le Doctorat. Pour l’UL, 12 cofinancements de contrats doctoraux et 7 cofinancements par la région Grand Est ont été acceptés. Sur ces 19 cofinancements, 18 sont pour Nancy et 3 seulement pour Metz. Qu’est-ce qui justifie un tel déséquilibre ? Pas la pertinence des projets et la réalité scientifique, en tout cas. L’évaluation de l’ANR était favorable à l’ensemble des sujets proposés sans restriction particulière et surtout pas à ceux de Metz. Ce qui n’est pas surprenant puisque cette thématique est développée par différents laboratoires messins. Le site messin bénéficie également de compétences reconnues au niveau national et international en IA théorique et en IA appliquée. Alors pourquoi ? Eh bien parce que la commission IA de l’UL, qui est composée à 99 % de professeurs de Nancy, a proposé une répartition basée sur un bilan global de ce qu’ont obtenu les laboratoires de Metz, à la fois de la Région et de l’UL, pour les financements des contrats doctoraux. Mais, en omettant au passage de prendre en considération ce que les laboratoires de Nancy ont obtenu dans le cadre de I-SITE (un label d’université d’excellence), soit une aide de 5 millions d’euros pour le numérique. Enveloppe dont Metz n’a aucunement profité lors de la répartition des crédits. Un collectif d’universitaires messins monte au créneau pour dénoncer cette énième « injustice ». Et réclamer, aussi, une répartition des moyens, juste et équitable. Une fois encore (ce fut déjà le cas pour Mista), les responsables politiques locaux ont été sollicités afin de prendre des mesures, le mode de fonctionnement de l’UL pénalisant Metz, bien au-delà de la seule sphère universitaire. C’est l’attractivité et l’économie de Metz et de la Moselle qui sont bel et bien impactées.