(Photos : 123RF)
Façonnée par plusieurs cultures, la capitale de l’Andalousie a tout pour plaire. Au pays de Christophe Colomb, farniente et détente sont des alliés de longue date et des mots aussi importants que le flamenco et la tauromachie, ancrés culturellement dans le quotidien de ses habitants. Une ville aussi belle de jour que de nuit !

SÉVILLE-giralda (© 123RF)Si l’on devait faire une comparaison, on pourrait dire que la visite de Séville s’apparente à une dégustation de tapas, tant la variété des plaisirs est grande. On en trouve un large éventail dans cette ville éclatante et métissée, où les cultures juive, arabe et chrétienne ont laissé des traces. Cette ancienne place forte du commerce maritime est aussi belle à découvrir de jour que sous un ciel étoilé. Chaque quartier possède son style et ses adeptes, à commencer par le pittoresque et touristique Santa Cruz, qui concentre les principaux monuments de la cité. Un enchevêtrement de ruelles pavées, de maisons aux murs blanchis à la chaux et de patios fleuris qui fait le bonheur des touristes. Les amateurs d’authenticité iront humer le parfum populaire et tranquille de Triana, berceau du flamenco aux accents gitans, qui a vu naître de grands toreros dans cette capitale de l’Andalousie happée par le rythme des corridas d’avril à septembre. Un détour par le district El Arenal, bordé par le fleuve Guadalquivir, suffit à s’en convaincre. L’endroit abrite un des monuments les plus visités : les arènes de la Real Maestranza. Elles peuvent accueillir 14 000 spectateurs et servent aussi de cadre à la fameuse Feria de Abril et son ambiance carnavalesque, au début du printemps. Les férus de tauromachie ne manqueront pas de visiter le musée situé sous les gradins. Les quartiers de la Macarena et la Alameda, plus bohèmes, méritent aussi une incursion. Le premier abrite notamment une basilique de style néo-baroque où se trouve la Vierge la plus vénérée de cette agglomération dynamique qui a accueilli, faut-il le rappeler, l’exposition universelle en 1992, dont le siège se trouvait sur l’île de la Cartuja.  Séville est riche d’histoire. La patrie de Christophe Colomb, qui fut autrefois un port de commerce vers les Amériques prospèresS, abrite quelques monuments de premier ordre. Dans ce domaine, trois sites, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont à voir absolument. La cathédrale Notre-Dame du Siège tout d’abord, un colosse (la plus vaste d’Espagne) qui se dresse au cœur de la ville. Érigée au 15e siècle, elle abrite entre autres le tombeau du célèbre navigateur, mais aussi une collection de ses manuscrits. Elle est indissociable de La Giralda, un ancien minaret devenu le symbole de Séville. Le palais fortifié de l’Alcazar, avec ses différents styles architecturaux, est un autre trésor, et sa visite peut prendre plusieurs heures… Les Archives générales des Indes complètent le trio. Construit en 1572, ce bâtiment imposant de forme carrée, doté d’une vaste cour centrale, abrite une collection sans équivalent de documents relatifs à la découverte du Nouveau Monde et aux anciennes colonies espagnoles. Le patrimoine est aussi végétal dans cette ancienne colonie grecque propice à la balade et la contemplation. Dans ce domaine, la beauté du parc Maria Luisa se démarque. Trente-huit hectares de jardins et de sentiers exotiques très prisés des promeneurs et des sportifs. Un havre de paix où se déploie la majestueuse Place d’Espagne, cet hémicycle de toute beauté délimité par deux tours de 80 mètres. Il faut ajouter au répertoire des promenades dépaysantes les jardins de l’Alcazar, reflets de diverses époques, où la Galerie des Grottes constitue un agréable belvédère. Un site bercé par la musique les soirs d’été, par le bais de concerts qui accentuent la magie ambiante.


AU PAYS DU FLAMENCO

SÉVILLE-FLAMENCO-(©123RF)L’Andalousie, c’est bien connu, est le berceau du flamenco, théâtre des souffrances et des émotions humaines qui prend son envol dans les tablaos, des lieux réservés à cet art très expressif. Classé au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010, ce genre musical à trois branches (chant, guitare et danse) est particulièrement prospère dans un triangle constitué par Séville, Cadix et Cordoba. Tous les spécialistes s’accordent à dire que c’est dans la première qu’on entend vraiment battre son cœur, plus particulièrement dans le quartier populaire de Triana, ancien fief des gitans, un condensé de joie de vivre et de culture, les artistes y étant nombreux. Les puristes apprécient beaucoup ce faubourg situé sur la rive droite du Guadalquivir. Dans ce district à la forte personnalité, les conversations s’animent parfois quand on aborde cette tradition fortement enracinée dans le folklore local et qui ferait presque office de seconde religion. Les tablaos, nombreux dans la capitale andalouse, rythment aussi le vieux quartier juif de Santa Cruz. Le cabaret Los Gallos, considéré comme une place forte du flamenco, mais aussi El Arenal, Lola de Los Reyes et la Casa del Memoria (un centre culturel) sont d’autres places connues des amateurs. Sans oublier la Feria de Abril, dans le secteur de Los Remedios, une grande fête populaire qui marque pour les Sévillans le retour du printemps. Une autre belle occasion de découvrir le flamenco sous son meilleur jour.