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Le spectacle Jeanne et Vincent ou 14-18 à Metz, produit par la société d’Histoire de Woippy et mis en scène par la compagnie Les Impromptus, est né de l’adaptation d’un livre de l’historien Pierre Brasme, Metz, une ville dans la guerre : la vie quotidienne à Metz à travers le journal de Jeanne Haas. L’ouvrage s’est lui-même inspiré du témoignage de cette messine, femme de lettres et fille de militaires révoltée par les tentatives de l’envahisseur allemand d’étouffer sa culture et sa liberté d’expression. « Il n’existe presque aucune archive sur cette femme mis à part son journal, note Philippe Voivenel, metteur en scène pour les Impromptus. Il existe des failles dans son histoire, par lesquelles mon imagination s’est infiltrée. »

Interprétée par Milena Brè et Philippe Voivenel dans le rôle de Vincent, mari de Jeanne, la pièce dénonce, à travers la voix du personnage principal, les horreurs de la guerre et les restrictions de la vie quotidienne, toujours sans haine. « Elle avait de la compassion pour tous, pour les soldats des deux armées, note le metteur en scène. Son mari est dans la pièce un complice discret, qui craquera sous l’intensité des bombardements à Metz ; c’est alors Jeanne qui le relèvera et sauvera le couple : c’est un exemple de scène où j’ai sollicité mon imagination… »

Avec Pierre Brasme en tant que conseiller historique, Jeanne et Vincent est un objet théâtral, tout en ellipses, choisissant des instants-clés du récit tenu par Jeanne Haas durant les quatre années de conflit, aussi bien qu’un objet mémoriel : deux aspects intimement liés selon Philippe Voivenel : « Les artistes s’appuient toujours sur un vécu, une histoire, qui a une fonction éducative. C’est cela qui compose l’âme, et mettre l’âme en avant est ma vision du théâtre. »

Le 16 novembre à 20h à la Grande Salle de l’Atrium à Woippy,
dans le cadre du Salon du Livre d’Histoire de Woippy.