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Après avoir restauré un hôtel particulier du 18e siècle dans la Meuse à Bar-le-Duc, Anthony Koenig et Noomane Fakhar récidivent en Haute-Marne avec le couvent des Annonciades Célestes de Joinville. Pour ces passionnés de patrimoine, ce monument historique aura vocation à devenir un lieu ouvert et animé.

Longtemps occupé par un ordre monastique féminin strictement cloîtré – mais aussi, par la suite, un courant religieux réfractaire au Vatican – le couvent des Annonciades Célestes de Joinville a débuté une nouvelle vie, sous l’impulsion de deux accros au patrimoine. Ses nouveaux propriétaires (depuis 2019), Anthony Koenig et Noomane Fakhar, n’en sont pas à leur coup d’essai. Pour se faire la main, les deux amis ont redonné son lustre à un hôtel particulier de Bar-de-Duc datant du 18e siècle.

Après la Meuse, les voilà qui ont débarqué en Haute-Marne, à Joinville donc, où officie depuis 8 ans Anthony Koenig en qualité d’urbaniste chargé de la restauration du centre historique. Le tandem, qui occupe une petite partie de cet imposant bâtiment agrémenté de jardins, aura fort à faire en matière de restauration. Dans un premier temps, ce vaste chantier financé par des fonds publics et privés s’attaquera à la toiture, véritable plat de résistance de la cure de jouvence, avec une première tranche attendue cet automne, après un report au printemps dû à l’épidémie de coronavirus. « On aimerait finir le gros œuvre d’ici une vingtaine d’années », souligne Anthony Koenig. En parallèle, des travaux secondaires touchant aux intérieurs devraient aussi rythmer la renaissance de ce site classé monument historique, comme la menuiserie par exemple. Le réseau électrique à quant à lui été entièrement refait, ce qui ne fut pas une mince affaire, tandis que les abords du couvent ont fait l’objet d’un nettoyage en règle, avec le concours d’une entreprise mécène. Résultat : 300 mètres cubes de terre évacués du paysage.

Fondé à l’origine (16e siècle) pour des Bénédictines, avant d’être la demeure des Annonciades Célestes, un ordre religieux moins connu, le couvent tel qu’il apparaît aujourd’hui a été reconstruit au 18e siècle. Qualifié de « sobre et monumental » par ses nouveaux occupants (rien d’étonnant vu sa vocation), l’endroit révèle toutefois quelques curiosités dignes d’intérêt, à l’image de son escalier monumental ou son réfectoire. Sans oublier les parloirs des sœurs, recréés en 1840, qui ont été conservés.

Ouvert d’ores et déjà à la visite, sous la conduite de Noomane Fakhar, ce domaine a vocation à devenir « un lieu ouvert et animé », insistent de concert ses propriétaires. Pour ce faire, une association a été créée, présidée par une amie, une Belge d’origine qui arrive en terrain connu après avoir soutenu une thèse sur les Annonciades Célestes. Cette structure aura pour objectif d’apporter du tonus culturel à l’ancien couvent. Les choses ont d’ailleurs commencé à bouger dans ce registre. « Une exposition est prévue en 2021, ainsi que d’autres évènements qui marqueront le 400e anniversaire des Annonciades de Joinville », précise Noomane Fakhar, co-auteur, avec son ami, de l’ouvrage Les châteaux et les demeures nobles de Moselle, paru aux Éditions Gérard Louis. « On aimerait que ce lieu devienne un incontournable à Joinville, au même titre que le château du Grand Jardin », ajoute Anthony Koenig. Une SARL a également vu le jour pour encadrer le volet économique du site, même si rien n’est figé pour le moment. « Il pourrait par exemple servir de gîte ou accueillir des séminaires », avance, à titre d’exemples, Noomane Fakhar à propos de cette acquisition que lui et son complice souhaitent « harmonieuse, esthétique et respectueuse de l’environnement ». Un lieu qui ne demande qu’à s’ouvrir, après avoir été longtemps un symbole de cloisonnement. Un défi de taille pour nos deux amoureux du patrimoine, mais en aucun cas un vœu pieux. Ce serait mal les connaître.

Couvent des Annonciades Célestes
22 avenue Irma Masson à Joinville
www.couventdesannonciadescelestes.com
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