La soirée du 5 septembre, consacrée à Wagner et Elgar dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg, sera l’occasion d’aller applaudir un des orchestres les plus vieux de la planète : la Staatskapelle Berlin. Un ensemble prestigieux dirigé par l’indéboulonnable Daniel Barenboim, pianiste, maestro… mais aussi homme de paix.
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« Musicien et gestionnaire accompli, Daniel Barenboim est aussi un ambassadeur de la paix » (©DR)

La vie de Daniel Barenboim, né à Buenos Aires en 1942 de parents juifs d’origine russe, ressemble à une partition sans fausses notes. Les choses n’ont pas traîné puisqu’à l’âge de 5 ans, sa mère lui enseignait le piano, avant de transmettre le flambeau à son mari. Deux ans plus tard, l’enfant offrait son premier récital. Les années 50 sont d’ailleurs propices aux récitals pour le jeune soliste, qui se produit régulièrement en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, ou encore en Extrême-Orient. 1954 marque un tournant, avec sa participation à Salzbourg aux Masterclasses de direction d’orchestre, durant lesquelles il joue avec le légendaire maestro Wilhelm Furtwängler, qui est ébahi par ce phénomène de 11 ans. Dès 1964, le virtuose passe de l’autre côté du miroir, en se rapprochant de l’English Chamber Orchestra, qu’il accompagne pendant une décennie. Sa notoriété grandissante en fait un chef très sollicité. Il occupe par exemple le poste de directeur musical de l’Orchestre de Paris, entre 1975 et 1989.

Daniel Barenboim dirige aujourd’hui la prestigieuse Staatskapelle Berlin, un des plus vieux orchestres en activité, et le doyen de la catégorie dans la capitale allemande (ndlr : il a été créé il y a plus de 400 ans). Cela ne date pas d’hier, le mariage remontant à 1992. Et le divorce n’est pas pour demain puisqu’il a été élu à vie à la tête de cette formation habituée, depuis 2007, à donner un concert gratuit sur la Bebelplatz de l’ancienne Il a joué avec le légendaire maestro Wilhelm Furtwängler, qui fut ébahi par ce phénomène de 11 ans.ville coupée en deux. Avant Barenboim, quelques grandes figures ont pris les commandes de ce navire, de Richard Strauss à Mendelssohn, en passant par Karajan ou encore Otto Klemperer. L’Israélo-Argentin a contribué à renforcer la notoriété de cette institution, en la faisant se produire dans les plus grands centres musicaux et autres festivals de la planète. On lui doit aussi d’avoir dirigé les 10 opéras de Wagner, qui sera d’ailleurs au programme de la soirée luxembourgeoise, sur une décennie, soit entre 1992 et 2002. Musicien et gestionnaire accompli, Daniel Barenboim est aussi un ambassadeur de la paix. Sa création, en 1999, de résidences réunissant de jeunes musiciens d’Israël et du Moyen Orient au sein d’un même orchestre, en compagnie d’Edward Saïd, professeur de littérature comparée, en est la plus belle preuve. Une façon pour les deux hommes de rappeler qu’un dialogue reste possible entre les cultures. Une initiative qui leur vaudra de recevoir, en octobre 2002, le prestigieux Prince Asturias Award for Concord, à Oviedo en Espagne, pour saluer leur engagement en faveur de la paix. La plus belle des symphonies, mais aussi la plus fragile. 

Le samedi 5 septembre à 20h
Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg
www.philharmonie.lu


AU PROGRAMME

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(©DR)

Richard Wagner tiendra le haut du pavé au cours de cette soirée où l’on pourra entendre le prélude des Maîtres chanteurs de Nuremberg. Cet opéra en 3 actes, présenté pour la première fois à Munich en 1868, présente la particularité d’être une comédie d’une grande richesse. Le prélude lui-même est décrit comme « joyeux et débordant de vie ».

Cette entrée légère fera place ensuite aux sublimes Prélude et Mort d’Isolde, deux œuvres tirées de l’opéra Tristan et Isolde. Cette mise en musique d’un poème écrit par le compositeur allemand, d’après la légende médiévale Tristan et Iseut, a été composé en 1865, toujours dans la capitale bavaroise.

Le Britannique Edward Elgar fermera le ban avec sa Symphonie nº1, qui a vu le jour le 3 décembre 1908 sous la direction de Hans Richter. Ce dernier la qualifia de « plus grande symphonie des temps modernes », allant jusqu’à la comparer à celles de Beethoven. Le public de l’époque fut sans doute du même avis, car elle fut d’emblée couronnée de succès. Aux mélomanes luxembourgeois de se prononcer désormais !