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Avec L’orage, aux éditions Gaïa, dans la moiteur de Kinshasa, Clara Arnaud raconte 24 heures de la vie de quatre personnes confrontés à la violence et à la révolte.

À la veille d’un sommet international, l’orage monte dans la moiteur de Kinshasa, la capitale du Congo. La colère gronde aussi. L’ambiance est électrique. La peur s’immisce partout alors que la ville bascule dans la violence. Dans cette atmosphère particulière, Li, un homme d’affaires chinois, se rend compte de combien il est attaché à sa compagne congolaise, Merveille. Peter, un haut fonctionnaire de l’ONU qui s’est éloigné de sa vocation humanitaire, observe la colère grandissante du peuple tout en devant assurer l’organisation du Sommet. Les pauvres, Désiré en fait partie. Vivant au jour le jour, il se bat au quotidien pour trouver à manger. Avec sa bande de gamin, il traine dans la rue. Il y a Mado, aussi, une vieille femme qui a quitté son village pour fuir un mari qu’elle détestait. Elle a trouvé refuge auprès d’une église évangélique. Tous ces personnages ne se connaissent pas. Mais ils vivent, « ensemble », à Kinshasa. Clara Arnaud nous fait partager leur existence et leurs pensées intimes, durant 24 heures, en nous emmenant dans les appartements climatisés, dans les bidonvilles, le long de la piste qui a été goudronnée pour accueillir les investisseurs présents au forum international. Il y a ce que l’on peut voir. Mais également l’odeur des égouts, les hommes et les femmes qui grouillent, les klaxons assourdissants. Clara Arnaud raconte les Hommes mais aussi formidablement bien la ville. Un univers qu’elle connait bien. L’auteure qui signe là son premier roman, a travaillé dans différents pays d’Afrique, notamment deux années au Congo et à Kinshasa, dans le cadre de projets de développement international. Étudiante en Chinois, elle a également beaucoup voyagé en Chine, une « aventure » qu’elle a raconté dans un récit de voyage intitulé Sur les Chemins de Chine (Gaïa, 2010).