Amsterdam compte parmi les capitales européennes les plus agréables à vivre mais également à visiter. Entre art de vivre, tolérance à l’égard des mœurs, des religions et des origines, elle constitue, malgré sa relative proximité, une destination aussi dépaysante intellectuellement, qu’artistiquement. Et si la cité est notamment connue pour son Quartier rouge, elle regorge de trésors architecturaux, de canaux, de musées, de jardins…

pub-brun (© 123 RF)Si les coffee shop regorgent de touristes, les cafés bruns sont les réels incontournables de la ville. Appelés ainsi car, du temps où fumer était encore permis, les murs étaient bruns de tabac, l’interdiction de fumer n’a pas altéré l’humeur des locaux qui continuent de les fréquenter allègrement. On peut évidement y prendre des collations. Amsterdam étant aussi cosmopolite qu’ouverte d’esprit, et comme les bruns sont pris d’assaut dès 18h, il n’est pas rare de devoir y partager une table avec d’autres clients dans la bonne humeur, l’occasion probablement d’ailleurs de demander aux autochtones leurs recommandations quant à ce qu’il convient de découvrir. Les chats sont également omniprésents, dans les bruns comme dans les restaurants et même parfois les boutiques, la raison en est simple : Amsterdam étant une ville d’eau, les rats sont susceptibles d’y pulluler, les chats constituent donc depuis des siècles une amicale façon de s’en prémunir…

Sur les vitraux, dans les tags, sur les affiches et parfois ornant divers monuments, on trouve un peu partout une série de trois x blancs ou clairs sur une bande noire cernée de rouge. Ce symbole identitaire de la ville provient du blason d’Amsterdam, il représenterait, depuis le XIIIème siècle, le supplice de Saint André, mort, à l’instar du Christ, sur la croix. Avec le temps, ces trois x ont hérité d’autres significations, ils ont notamment symbolisé les fléaux de la ville : la peste noire, le feu et les inondations. Après la Seconde Guerre Mondiale, la Reine Wilhelmina leur octroya un nouveau sens, les sous-titrant Valeureux, Résolu, Compatissant en référence à la Résistance de la ville. Il demeure un sigle incontournable entre symbole pop et emblème historique.

Ville épargnée par les bombardements et ravages depuis plusieurs siècles, l’architecture y est foisonnante. Le moderne y côtoie l’ancien, le design industriel de cette ville portuaire jouxte des maisons de brique typiquement amstellodamoises. Ainsi, néoclassique, néobaroque, néorenaissance, art nouveau, gothique et école d’Amsterdam où la brique devient plus fantaisiste et ronde, s’y mêlent sous le ciel lumineux et froid du Nord. L’architecture du Siècle d’or est présente partout dans la ville avec ses pignons caractéristiques et ses maisons aussi hautes qu’étroites. Le design étant également une véritable tradition à Amsterdam, quelques coups d’œil par les fenêtres généralement dénuées de rideaux permettent de constater la prégnance de cet art de vivre. Nombreux sont en outre les bâtiments publics, tel l’Openbare Bibliotheek – qui offre aussi, depuis son restaurant du 7ème étage, une des plus belles vues sur Amsterdam – à fourmiller de mobiliers et décors révélateurs de cet art.

Les musées y sont fort nombreux, et s’ils sont chers, c’est qu’ils grouillent littéralement d’œuvres, savent mêler expositions contemporaines et collections permanentes et disposent de scénographies aussi intelligentes que talentueuses. Le quartier Vondelpark constitue le centre névralgique des musées si l’on veut concentrer ses visites. Le plus grand musée du pays : le Rijksmuseum, présente quelque 400 incontournables chefs d’œuvre parmi lesquels La Laitière de Vermeer ou La Ronde de nuit de Rembrandt.

Néoclassique néobaroque, néorenaissance, art nouveau, gothique et école d’Amsterdam où la brique devient plus fantaisiste et ronde, s’y mêlent sous le ciel lumineux et froid du Nord.

Le Tropen Museum se consacre à la forte expansion coloniale du pays, cette époque étant bel et bien révolue, le musée, doté d’une collection simplement hallucinante, s’est transformé en terrain d’étude des civilisations. Les expositions temporaires, entre photographie et art contemporain, questionnent principalement les affres du colonialisme et l’anthropologie. L’Amsterdam Museum se concentre pour sa part sur l’Histoire de la ville et peut constituer un intéressant point d’entrée dans la culture amstellodamoise. L’entrée des musées locaux étant en général onéreuse, si de nombreuses visites sont prévues, il est recommandé de se munir soit d’une Museumkaart (qui donne droit à des réductions et est valable un an dans tous les musées du pays), soit d’une I Amsterdam City Card (pour un, deux ou trois jours, permettant l’accès gratuit à 37 musées et des réductions sur les transports).

Si le port et le centre historique sont des incontournables de la cité, Jordaan et la Ceinture des grands canaux Nord-Ouest sont absolument charmants. En plus de constituer des quartiers idéals où flâner entre eau et jardins et où se sustenter à moindre prix, les antiquaires, friperies, marchés aux puces et magasins de design y sont légions. Noordermarkt, en plein cœur de Jordaan, est un détour merveilleux pour les amateurs de vieux livres, de fripes, de curiosités en tous genres mais également de gastronomie locale. Le long des canaux est réservé à ceux qui souhaitent chiner, la place attenante se consacre aux fromages et autres douceurs typiques de Hollande. Le quartier est particulièrement animé les jours de marché, les lundis et samedis, et le lieu est absolument idyllique pour se perdre entre l’Ij et de charmantes ruelles.

Le quartier de la Ceinture des grands canaux, fief art nouveau, rassemble galeries d’art contemporain et lieux festifs, il convient toutefois d’y éviter les pièges à touristes. Enfin, pour sortir des sentiers battus, un détour par Noord, accessible en ferry gratuitement, permet de découvrir quelques lieux alternatifs où de nombreux artistes ont investi les vestiges de l’industrie et des activités portuaires d’Amsterdam.

velos-amsterdam (© 123 RF)Le vélo est une des meilleures façons de découvrir la cité, des services de location à la journée existent un peu partout. Prévoir de grands k-ways qui couvrent les jambes est, dans cette perspective une nécessité, la pluie étant un compagnon régulier entre deux rayons de soleil dans cette ville de bord de mer.

Pour ne pas se ruiner en locations ou en hôtel, s’installer dans la légère périphérie, comme en bordure des quartiers de Jordaan, de Plantage ou des Canaux Sud et Nord-Ouest, est un excellent compromis. La ville étant somme toute assez peu étendue, rejoindre les centres y est aisé, même pour des marcheurs non avertis.


Amsterdam est accessible en 6-7 heures environ en auto, via des autoroutes gratuites et impeccablement entretenues. Des parking relais P+R en bordure de ville à un euro l’heure permettent de se garer jusqu’à 6 jours à moindre frais, le centre étant particulièrement dispendieux, il est déconseillé d’y parquer son auto. Par l’avion via l’aéroport du Findel au Luxembourg qui propose des allers-retours quotidiens, atterrir à Schiphol-Amsterdam à 15 kilomètres du cœur de la ville, un des aéroports les plus étendus au monde, prend environ une heure.

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