Treize minutes, c’est le temps dont va bénéficier Simon pour rater sa vie au sein d’une chambre à l’accueillante obscurité. Il faut dire que le jeune homme est paumé, dégueulasse. Il ne vit que de sexe et d’alcool quand il n’est pas vautré dans son pieu. Bref, le personnage n’est guère sympathique et pourtant sa détresse finit par émouvoir. Publié en 1991, Treize minutes est le premier livre de Nicolas Rey. D’autres suivront comme Mémoire courte (Au diable vauvert) salué par le prix de Flore en 2000. Romancier et scénariste, il est également connu pour ses chroniques dans l’émission Tam Tam etc. sur France inter, en 2006-2007, par exemple.

Menteur, alcoolique, drogué « plagieur » à ses heures, enchaînant les succès comme les naufrages, Nicolas Rey est aimé ou détesté. Les excès, les désillusions et son goût de la « chute », transpiraient déjà dans ce premier livre à la fois vulgaire, dérangeant et touchant. Dans Dos au mur, paru en 2018, il a été plus loin encore en se mettant « à nu ».

Aux éd. Au Diable Vauvert