Les décisions prises lors de la récente Conférence intergouvernementale franco-luxembourgeoise ne sont pas anodines pour les 110 000 travailleurs frontaliers français. Mais, pour Roger Cayzelle, président de l’Institut de la Grande Région, il est temps de s’engager dans une « véritable coopération transfrontalière ».

Les frontaliers vont pouvoir davantage télétravailler (34 jours au lieu de 29) et peut-être se déplacer dans de meilleures conditions, le Luxembourg s’étant engagé à investir 110 millions dans des projets ferroviaires, dans la continuité de l’enveloppe débloquée en 2018 (120 millions). C’est ce qui ressort de la Conférence intergouvernementale franco-luxembourgeoise du 19 octobre dernier. Ajoutons-y encore les intentions affichées en matière de formation des personnels soignants et de coopération universitaire. Tout cela va dans le bon sens. S’il le concède, Roger Cayzelle n’en est pas moins « déçu ». « Tout cela apparaît encore bien timide », indique le président de l’Institut de la Grande Région, dans un communiqué de presse « nous sommes très loin d’une véritable coopération territoriale permettant d’avancer vers un développement beaucoup plus partagé et vers une communauté de vie sociale, culturelle et économique dépassant les frontières de nos deux pays. La logique actuelle, présentée par le CIG, vise clairement à accroître le flux des frontaliers et rien n’est dit sur les déséquilibres croissants entre les territoires qui vont en découler ».

Pour Roger Cayzelle, une véritable coopération transfrontalière devrait passer par une réflexion beaucoup plus approfondie qui doit être menée en lien avec les acteurs locaux, y compris ceux de la société civile. « Le sentiment qui domine, souvent exprimé par certains élus locaux est celui d’une impréparation et d’une mauvaise articulation de l’action les uns et des autres, voire d’une mise à l’écart de certains. Un véritable comité de pilotage du territoire lorrain, animé par le couple État-Région, mais associant très étroitement les acteurs dans la clarté et dans la durée, s’impose désormais comme une vraie nécessité », affirme Roger Cayzelle non sans préciser que l’IGR est prêt à prendre sa part dans cette réflexion.