(© Aziz Mébarki)
Ne dites pas à Jacky Petitjean qu’on est vieux à 70 ans. Ce chef d’entreprise débordant d’énergie a décidé de donner un second souffle à sa vie en se consacrant à la musique et la poésie, ses grandes passions. Une manière de rattraper le temps perdu pour ce natif des Vosges qui réside près de Pont-à-Mousson.

Comme tous les passionnés, Jacky Petitjean a la langue bien pendue. Deux mots suffisent à le faire sortir de sa réserve : musique et poésie. Il lui a fallu attendre l’âge de 70 ans pour leur accorder toute la place qu’elles méritaient dans sa vie d’homme et de père occupé. Composer, ce natif des Vosges en a toujours rêvé. « Petit, je voulais faire carrière dans la musique, mais le destin m’a mené sur d’autres chemins », souffle-t-il. Adepte du saxophone et de la clarinette, qu’il a pratiqués au sein d’un orchestre de jazz, ce patron d’une entreprise de signalétique et de décoration inocule de son timbre primesautier une énergie contagieuse. Cette voix qui fait penser à celle de Jean Ferrat car Jacky Petitjean chante aussi des poèmes qu’il habille de ses mélodies, en puisant dans le répertoire d’illustres figures du genre comme Baudelaire, Prévert ou Louise Labé, poètesse célèbre du 16ème siècle et ses propres textes… Le 13 novembre dernier, il vivait sa première représentation dans un bar de Metz, devant un petit comité. Une soirée inspirante qui fut vite étouffée par le vacarme des attentats parisiens. Ce jour-là, l’idée de donner des concerts poétiques a germé. « Une envie folle », lâche ce parolier en quête de musiciens pour l’accompagner.

PAPILLON de Henri Charrière : « Une belle soif de liberté »

Il avait L’Étranger, de Camus, au bord des lèvres, mais c’est finalement Papillon qui est sorti de sa bouche. Papillon, comme cette œuvre autobiographique signée Henri Charrière transportant le lecteur dans le bagne de Cayenne, en Guyane française. Sorti en 1969 et adapté au cinéma, avec Steve McQueen dans la peau du héros, ce best-seller a immédiatement conquis Jacky Petitjean. « J’étais jeune marié quand je l’ai acheté, j’avais lu une critique dans le Canard Enchaîné, dont je suis un fidèle lecteur. Je l’ai dévoré, j’étais émerveillé par cette volonté de justice et de liberté », ajoute cet amateur de grands classiques de la littérature française.

AMADEUS de Milos Forman : « Pour Mozart »

C’est l’heure de la confidence : « Mon premier souvenir d’émotion, je le dois à ce génie. Je me rappelle d’une émission de Pierre Bellemare quand j’étais enfant, qui débutait par la Petite musique de nuit de Mozart. Je l’attendais chaque mercredi avec impatience avant de m’endormir, juste pour entendre cette mélodie qui me mettait dans tous mes états. Je crois que cela a été l’élément fondateur de mon caractère et de mon esprit aujourd’hui. J’ai découvert la musique classique par bribes à la radio, avant de passer aux disques et de m’y plonger totalement. » Amadeus, de Milos Forman, relevait de l’évidence, comme un hommage rendu à ce personnage clé de sa vie.

LE PETIT BONHEUR de Félix Leclerc : « Ça me transporte »

Ça commence par une chanson de Brassens, Les Amoureux des bancs publics, qu’il fredonnait, du haut de ses 12 ans, dans un train le conduisant en Allemagne, et ça se finit avec Le petit bonheur de Félix Leclerc. « C’est une chanson qui me transporte », confie Jacky Petitjean. Le poète québécois lui a un jour inspiré un morceau dont les paroles lui reviennent vite en mémoire. « C’est vous dire à quel point je l’admire. Je l’aimais beaucoup car il représentait la liberté et un peu l’anarchie, il était hors des convenances. Et puis son accent ! J’ai toujours été sensible aux voix. Celles de Barbara, de la Callas ou encore Piaf me font frémir à chaque fois ! »

06 13 30 49 22 / jacky.petitjean@gmail.com