Dans le cadre de la soirée inaugurale du Marly jazz festival, le contrebassiste mosellan Laurent Payfert présentera son premier album en tant que compositeur, Danse sucrée. Simple et efficace, il constitue l’acte de naissance idéal pour une formation au feeling instinctif.

Laurent-Payfert-(©DR)Sideman expérimenté, Laurent Payfert s’est essayé à « l’énergie brute » de Jeff Herr Corporation, à une voie « plus pop » mais éloquente avec la chanteuse Suzy K, ou encore à l’atmosphère dense de « The Wee Hours », où les vibrations de la contrebasse répondent à la voix de Sascha Ley. Le contrebassiste lie depuis toujours les approches classiques et aventureuses du jazz. « À mes débuts, j’ai commencé par étudier les standards, la tradition, tout en écoutant des choses plus borderline comme Ornette Coleman ou Don Cherry, raconte le musicien, qui a fait ses classes au Conservatoire de Metz. L’approche autodidacte est indissociable de l’initiation par les maîtres ». Il se laisse imprégner par The Weather Report, Ricardo Del Fra ou encore Chick Corea : une masterclass donnée par le pianiste américain jouera pour Laurent Payfert le rôle de « déclencheur ».  L’écriture de son premier album en tant que compositeur, Danse sucrée, constitue une expérience nouvelle pour le contrebassiste, née d’une envie d’explorer « un univers personnel ». De facture plutôt traditionnelle, à l’écriture simple, l’album se plaît néanmoins à musarder dans les sous-bois du jazz, tantôt baladeur, tantôt déroulant un swing jouissif. « J’ai voulu faire transpirer de cet album l’esprit de musiciens comme Duke Ellington ou Thelonious Monk, à qui je rends hommage sur KnoMraedyM, décrit Laurent Payfert. J’ai souhaité aussi retrouver une simplicité, quelque chose qu’actuellement on a moins l’habitude d’entendre ».

Le quartet lui semble être la formation la plus à même de servir son écriture : Damien Prud’homme est au saxophone, Jean-Marc Robin à la batterie et Murat Öztürk au piano. Après le choix des instruments, c’est celui des hommes qui a motivé la création de l’ensemble.  « J’ai souhaité retrouver une simplicité, quelque chose qu’actuellement on a moins l’habitude d’entendre. »« L’énergie et la maturité de ces musiciens ont fait que mes compositions ont véritablement pris vie à la première répétition, s’enthousiasme Laurent Payfert. Chacun y a apporté quelque chose de neuf ».Point de leader dans cette formation toute neuve servie par des sidemen impliqués : Danse sucrée est un album en forme de point de départ, fixant les bases d’un quartet au feeling incontestable… qui ouvre aussi la porte à de petites folies, à l’image de Mi arcotic, où la contrebasse nous entraîne dans une transe aussi brumeuse qu’hypnotique. « J’explore depuis longtemps cette approche différente de la contrebasse, influencée par les musiques du monde, explique Laurent Payfert. Lorsque l’on commence à composer, on mélange des cultures conscientes et inconscientes : ce premier album est un instantané de tout cela, qui continue à évoluer en live. » 

Jeudi 21 mai / En première partie de soirée
Danse sucrée, distribué par Musea records
www.musearecords.com
www.laurentpayfert.com