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De la difficulté d’être d’ici et ailleurs. La Ville de Thionville qui compte un nombre de frontaliers parmi sa population a annoncé la création d’un Club des frontaliers. L’ambition : favoriser les échanges et le partage d’informations. 

L’enquête réalisée auprès de 500 frontaliers, par TNS pour l’Asti, en mai dernier, révèle que ces derniers sont plutôt bien informés de l’actualité luxembourgeoise. 70% des sondés indiquent suivre l’actualité sociale du pays de résidence. Et de ce qui se passe là où ils résident ? 

En partie certainement puisque les médias destinés aux frontaliers sont consultés par 3 frontaliers sur 4. Mais le fait de passer 10 heures par jour au-delà de la frontière, fait que bon nombre de frontaliers sont quelques peu déconnectés de ce qui se passe dans leur commune. Ils peinent aussi à faire entendre leur voix sur les dossiers et autres chantiers publics qui pourtant les concernent. C’est en tout cas le sentiment du côté de Thionville dont une part non négligeable des habitants, travaillent au Luxembourg. 

« Aussi surprenant que cela puisse être, certains frontaliers ignoraient encore il y a peu qu’un nouveau P+R était opérationnel à Metzange. Tous ne sont pas informés de ce qui se fait », a expliqué Pierre Cuny, le maire de Thionville, mi-janvier, lors de sa conférence de presse de rentrée. C’est pourquoi la commune qui se dote d’un Comité de Transition Écologique (CTE – voir par ailleurs dans ce numéro) afin de piloter sa transition écologique, entend les associer à cet outil de démocratie participative via la création d’un Club des Frontaliers. 

La mobilité et les évolutions des modes de travail sont quelques-uns des sujets sur lesquels, la ville souhaite recueillir leurs retours et autres propositions. « Cet organe se veut être un cercle d’influence pour soutenir la création d’un RER-LOR-LUX Express, un renforcement de la cadence des CFL (Chemins de fer luxembourgeois) et des TER, une négociation avec la Région et la SNCF pour emprunter les TGV avec l’abonnement TGV matin et soir, et une fiscalité plus souple pour étendre les plages du télétravail », précise Sandra Kouki, conseillère municipale déléguée au transfrontalier, dans un document présentant la stratégie municipale en matière de démocratie participative, aux habitants. 

Outre le CTE, une carte interactive permettant d’entrer facilement en relation avec les élus référents dans les quartiers, est également activée.  

Les frontaliers ont leurs maisons

Depuis 2006, la Maison du Luxembourg, sise à Thionville est au service des frontaliers (jeunes, familles, étudiants). Elle propose à ce titre toute une palette services et d’informations pratiques, relatives à l’apprentissage du luxembourgeois, à la mobilité transfrontalière, à la législation sociale luxembourgeoise, à la fiscalité, à la recherche d’emploi, au droit du travail mais également dans le domaine du tourisme et de la culture. Compte tenu du développement du nombre de frontaliers, elle reste très active. En 2020, elle a reçu et traité 12 155 demandes d’informations.

www.maisonduluxembourg.fr

Sise à Forbach, la MOSA (Maison ouverte des services pour l’Allemagne) a été créée à l’initiative du Conseil Départemental de la Moselle, par les intercommunalités composant le SCOT du Val de Rosselle (les Communautés d’Agglomération de Forbach et Saint-Avold Synergie et les Communautés de Communes de Freyming-Merlebach et du Warndt). Depuis 2015, la MOSA se positionne comme un centre d’accueil, d’information et d’accompagnement au service des habitants et des entreprises du territoire transfrontalier. C’est la bonne adresse pour obtenir des informations relatives aux conditions de vie et de travail en France et en Allemagne (prestations sociales, fiscalité, droit du travail…), sur les études, les formations transfrontalières, les stages ou encore l’apprentissage de la langue du pays voisin. Les entrepreneurs peuvent également y trouver de l’information fiable sur l’entreprenariat dans les pays voisins, la structure étant un relais vers les structures spécialisées dans le développement économique transfrontalier. Comme la Maison du Luxembourg, c’est le bon endroit pour prendre connaissance de l’offre touristique et culturelle en Sarre-Moselle. En 2019, la MOSA a traité près de 6 000 demandes d’informations.

www.mosa-forbach.fr