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C’est une première. Le 13 novembre dernier, 29 journalistes européens ont décidé de se fédérer afin de porter plainte contre le Parlement Européen, auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne.

La plainte est liée au refus par le Parlement de dévoiler des informations liées aux indemnités (autrement dit les frais généraux, les frais de voyage, les indemnités et autres frais de staff) des 751 députés européens, l’ambition des journalistes étant de faire la lumière sur la façon dont ces indemnités sont utilisées. « Pas question » a donc fait savoir le Parlement en prétextant la protection de la vie privée. Le Parlement précise même qu’il ne conserve pas de documents relatifs à ces dépenses. Il est vrai que ces indemnités n’ont rien de symboliques. Le Parlement précise que les indemnités de frais généraux s’élèvent à 3,2 millions d’euros par mois, soit près de 40 millions d’euros par an. En 2014, les indemnités mensuelles de frais généraux se sont ainsi élevées à 4 299 euros par tête de pipe. Or il semblerait que personne ne contrôle véritablement ces « enveloppes » qui sont censées ne servir qu’à l’exercice de leur mandat professionnel public en tant que représentants élus des citoyens. Les eurodéputés ont d’ailleurs dit à plusieurs reprises, vouloir mieux encadré ce système. L’affaire n’en reste donc pas là. « En refusant simplement de reconnaître le droit d’accès aux documents, le Parlement européen donne en fait aux eurodéputés l’opportunité d’effectuer des dépenses occultes et de ne pas être soumis au contrôle public de leurs affaires. Nous sommes d’avis qu’il n’existe aucune législation européenne donnant raison au Parlement européen de refuser leurs demandes d’accès aux journalistes », déclare, via un communiqué de presse, Nataša Pirc Musar, anciennement commissaire à l’information de Slovénie, et représentante légale de l’équipe des journalistes. Ces derniers ont donné un nom à leur initiative : The MEPs Project.