(© Alex Dill)
Le 29 août, SNCF Lorraine a déployé la seconde phase du nouveau cadencement des TER en Lorraine, porté par le Conseil Régional, autorité organisatrice des transports. Se déplacer en train sur l’ensemble du territoire lorrain est désormais plus rapide et plus simple.

Plus de fluidité sur l’axe Metz-Nancy, davantage de capacités de transport pour les frontaliers et une meilleure desserte de l’ensemble des territoires en vue d’accompagner leur développement économique. Ce sont les trois piliers du projet de la Région et de la SNCF Lorraine visant à favoriser les déplacements en TER. Cette amélioration du service est déjà une réalité. En avril dernier, la première phase du nouveau cadencement a été déployée avec une augmentation de 5% du nombre de TER circulant. En cette rentrée, la seconde phase est activée avec l’entrée en service de plus de 100 trains supplémentaires. Ce sont désormais jusqu’à 650 trains par jour, en semaine, qui circulent sur l’ensemble des lignes de la région.

Ce projet d’envergure ne se résume à un enrichissement de l’offre en matériel roulant. Depuis un semestre, les trains sont également cadencés. Cela signifie qu’ils partent à une minute définie pour chacune des destinations. Depuis Metz, par exemple, les TER en direction du Luxembourg partent à H+03 et H+33 tout au long de la journée. Il n’est donc plus nécessaire de se poser la question de l’heure à laquelle est son train. La SNCF Lorraine table sur une augmentation de 15% du nombre de ses clients. Et le client sait également à quelle heure il arrivera à destination puisque les temps de parcours ont été homogénéisés. Tous les TER mettent désormais 38 minutes pour rejoindre Metz depuis Nancy et vice-versa. Entre Metz et Nancy, on peut véritablement parler de tapis roulant puisqu’un train rapide est programmé toutes les 30 minutes, tout au long de la journée.

Une réorganisation des correspondances entre TER a également été effectuée pour gagner en pertinence et limiter les temps d’attente. Par exemple, les trains arrivent à H+40 à Nancy en provenance d’Épinal et repartent à H+50 vers Metz. Enfin, l’offre en trains a été repensée afin de répondre à l’évolution des besoins sur chacune des lignes. Pour les frontaliers, ce sont désormais 6 trains, par heure, qui circulent entre Thionville et Luxembourg contre 4 à 5, en 2015. Entre Metz et Luxembourg, les TER desservent également un plus grand nombre de gares. Entre Épinal et Remiremont, l’offre en TER a carrément été doublée pour satisfaire à la demande.

Avec cette nouvelle offre, la SNCF Lorraine table sur une augmentation de 15% du nombre de ses clients. Il est vrai qu’à l’heure où bon nombre d’axes routiers (à commencer par l’A31) sont saturés, pouvoir se déplacer rapidement, sûrement et en toute sérénité, a de quoi séduire. 

EN CHIFFRES :
650 trains, soit + de 100 trains supplémentaires
par jour de semaine
+23% de trains du lundi au vendredi
attendues sur 3 ans
22 gares en Lorraine
accueillant + de 1 000 clients TER (10 gares en 2014)
15% de baisse de coût de production au km-train


3 QUESTIONS À… NOËL LESCASSE DIRECTEUR DE LA PRODUCTION TER

Pourquoi ce nouveau cadencement est-il mis en œuvre aujourd’hui, en 2016 ?

La Région a profité de l’ouverture de la ligne nouvelle entre Paris et Strasbourg pour lancer la mise en œuvre de ce deuxième cadencement. Je parle volontairement de « Deuxième cadencement » sur l’ensemble du territoire lorrain avait déjà été pionnier au début des années 70 en lançant le service Métrolor entre Thionville et Nancy, première ligne régionale sur l’ensemble du territoire français cadencée. En 2016, il ne s’agit plus d’une ligne, mais bien d’un concept global régional, autour de nœuds de correspondances.

Vous vous attendez à une hausse de la fréquentation. Mais de quel ordre ?

La croissance de l’offre de l’ordre de 23 % la semaine et de 15 % au total semaine + Week-end pourrait générer une augmentation de fréquentation de l’ordre de 15% également. Et cela pour diverses raisons. La saturation de la voirie et des parkings à Luxembourg et la croissance continue de l’emploi frontalier au Grand-Duché, est une explication. La fréquence des TER, le fait que les horaires sont répétitifs et la pertinence des correspondances vont aussi attirer une nouvelle clientèle, notamment des clients qui prennent le train plus occasionnellement. La certitude de ne pas avoir à attendre plus de 30 ou 60 mn son train de retour, est, notamment, un critère déterminant.

Cette nouvelle offre TER s’accompagne-t-elle d’autres initiatives en matière de mobilité ?

On constate effectivement que plusieurs projets en gestation connaissent une forte accélération. Par exemple, les tarifications combinées TER + Bus qui n’existaient jusqu’alors qu’avec les agglomérations de Metz et de Luxembourg, sont désormais effectives avec Nancy, Épinal et Thionville. Dans un registre différent, les projets de parkings voitures ou vélos autour des gares, voire des projets d’itinéraires cyclables permettant de rejoindre la gare, se multiplient. La ville de Thionville envisage également une urbanisation ambitieuse des terrains autour de la gare, en grande partie du fait du développement très important de l’offre ferroviaire.