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« Douleur chronique et réinvention de soi », est-il précisé sous le titre du livre. La maladie ou la douleur introduisent « l’opacité du corps et rompent la transparence à soi-même. Elles mettent des obstacles à l’accomplissement des tâches accoutumées et aux mouvements les plus élémentaires de l’existence », écrit David Le Breton dans l’introduction de cet ouvrage au travers duquel l’auteur est allé à la rencontre de « douloureux chroniques ».

Si la douleur abîme, certains y trouvent aussi un soulagement ou un compromis. Elle peut aussi protéger contre des souffrances qui pourraient s’avérer plus redoutables encore. Il n’en reste pas moins vrai qu’il importe, selon l’auteur, de développer une médecine de la douleur qui serait centrée sur l’expérience intime de ceux qui la supportent, pour les aider sinon à guérir à accomplir une réinvention de soi, « autrement dit une réorganisation radicale de leur existence avec et autour de cette douleur chronique à tous les niveaux de leur quotidien, autrement dit à ‘tenir’ ».

Né en 1953, David Le Breton est professeur en sociologie à l’Université de Strasbourg, membre de l’Institut universitaire de France et du laboratoire URA-CNRS « Cultures et société en Europe ». Il est l’auteur, entre autres, de : L’Adieu au corps, Anthropologie de la douleur, Du Silence, La Saveur du monde et d’un roman noir, Mort sur la route.