Difficile de ne pas tomber sous le charme de TaorminaFondée au 5e siècle avant J.-C., cette cité romantique située entre Catane et Messine empile les vues spectaculaires à 200 mètres au-dessus de la Méditerranée. À l’image de son emblématique théâtre gréco-romain, où l’émerveillement est en constante représentation.

Ah… Taormina ! Poser les pieds en Sicile, c’est forcément aller se jeter dans les bras de cette localité [ô combien romantique] d’environ 10 000 âmes perchée à 200 mètres sur le mont Tauro, à une heure de route de Catane. Un véritable balcon sur la Méditerranée, avec, en ligne de mire, le volcan Etna, que l’on peut survoler en hélicoptère. Où que l’on se trouve, on peut profiter de points de vue spectaculaires, comme sur l’immense terrasse de la place du 9 Avril. Le théâtre gréco-romain (lire autre texte) est un autre promontoire incontournable pour en prendre plein la vue, moyennant 10 euros. Submergée de touristes durant la saison estivale, celle qui fut durant quelques années, au Moyen Age, la capitale de la Sicile byzantine, a charmé bon nombre de poètes, romanciers et autres comédiens, de Jean Cocteau à Orson Welles, en passant par Tennessee Williams, Greta Garbo, Rita Hayworth ou encore Salvador Dali, qui venait y puiser autant le repos que l’inspiration.

Fondé au 5e siècle avant notre ère par des exilés grecs de l’île de Naxos, ce joyau a eu la bonne idée d’être entièrement piéton, les automobilistes étant invités à stationner leurs véhicules dans des parkings situés aux extrémités de la ville. La formule pédestre est celle qui convient le mieux pour apprécier pleinement cette destination très fleurie, où les rues pittoresques sont à elles seules une invitation à s’évader. La plus célèbre, mais aussi la plus importante, est le Corso Umberto, qui a sans doute valu à Taormina son surnom de « Saint-Tropez sicilienne ». Une succession de boutiques de luxe, de vêtements, de bijoux et de souvenirs, mais aussi de bars, restaurants et pâtisseries, dont de nombreux délices à base de pâte d’amande, une des spécialités de l’île.

Des monuments à visiter ? Oui, bien sûr. Par exemple le palais des Ducs de Santo Stefano, considéré comme un des chefs-d’œuvre de l’art gothique arabo-normand du 13e siècle. Mais aussi la cathédrale-forteresse située sur la place Duomo, avec sa couronne crénelée et sa façade ornée d’un portail Renaissance. Ou encore le château médiéval (en ruines), niché à 400 mètres d’altitude, qui offre une vision panoramique grandiose. Si vous aimez les jardins, le parc Duca di Cesaro fera l’affaire, pour une balade ou un pique-nique. Les jardins publics de la Villa Comunale, ancienne propriété d’une Anglaise fortunée passionnée d’oiseaux (d’où la présence de mangeoires et de nichoirs) sont aussi à ajouter à la liste. Côté sable fin et galets, il faut citer la célèbre plage de Mazzaro, accessible à pied ou via un funiculaire (depuis la porte Messina). Sans oublier Isola Bella, petite île reliée à Taormina par un isthme. Une perle qui fait miroiter ses eaux cristallines comme un trésor jalousement gardé. Un vrai décor de carte postale, et une preuve supplémentaire du charme immanent de cette ville qui contribua à la magie du Grand Bleu de Luc Besson (1988), qui y a tourné une scène (la compétition d’apnée). Le cinéaste a bon goût.


UN THÉÂTRE COMME EMBLÈME

Qui passe par Taormina fera forcément escale dans son célèbre théâtre greco-romain, très bien conservé. Construit par les Grecs au 3e siècle avant notre ère, ce monument de 110 mètres de diamètre est bien plus qu’un lieu incontournable. Un symbole. Il s’agit du 2e plus grand théâtre classique de la Sicile, après celui de Syracuse. Il a été remanié par les Romains, qui l’ont agrandi pour en faire une arène destinée aux combats de gladiateurs. Si ce site creusé dans la roche est si prisé des touristes, c’est aussi pour son cadre idyllique. De ses gradins, on jouit sans aucun doute d’un des plus beaux panoramas de la Sicile. Cette vue splendide brandie comme une offrande surplombe la baie de Naxos, avec le volcan Etna en toile de fond. Le poète et romancier allemand Johann von Goethe, lors d’une visite en 1787, est lui aussi resté ébahi devant l’extrême beauté des lieux. « Jamais le public d’un théâtre n’a eu devant lui un pareil spectacle. » Ce monument composé de trois zones (scène, orchestre et caves) est encore utilisé aujourd’hui pour des représentations artistiques. Durant l’été, de fin juillet à septembre, il accueille le Festival Taormina Arte, qui profite d’une excellente acoustique pour proposer un programme combinant à la fois des spectacles de danse et de théâtre, ainsi que des concerts. On imagine aisément l’émotion qui étreint les spectateurs (l’endroit peut en accueillir un peu plus de 5 000) dans ce décor de rêve qui emporte tout sur son passage.