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Blottie au creux du golfe de Finlande, la capitale de l’Estonie enchante les amateurs d’histoire et d’architecture.  L’ambiance féerique et médiévale de sa vieille ville contraste avec la modernité de ce joyau balte autrefois rattaché à l’Union soviétique, qui se découvrira sans peine (et avec bonheur) le temps d’un week-end.

Membre de l’Union européenne depuis 2004, l’Estonie fut durant près de 50 ans rattachée au bloc soviétique. Dans sa capitale, certaines constructions et autres vestiges témoignent de cet héritage frappé de la faucille et du marteau, notamment l’ancien quartier général du KGB (lire autre texte), ou encore le Linnahall, imposant complexe datant des JO de 1980, incluant une esplanade qui recouvre une salle de spectacles encore fonctionnelle.

Mais Tallinn offre un visage plus séduisant, avec ses nombreux cafés, bars, restaurants et autres festivals qui procurent à cette cité portuaire d’un peu plus de 400 000 âmes son énergie et son effervescence. L’ex-satellite russe se découvrira aisément le temps d’un week-end. La visite commencera bien souvent par son cœur historique, couvé par l’UNESCO et cerné de remparts. Un passage obligé ! Ce concentré de patrimoine émerveille avec ses bâtisses médiévales et ses ruelles étroites qui s’articulent autour de l’incontournable place Raekoja, où trône l’hôtel de ville, de style gothique, construit à partir du 13e siècle. À son sommet apparaît la girouette du Vieux Toomas, figurine d’un vieux soldat installée en 1530, devenue un des symboles de cette ville moderne qui propose le wifi partout. Autre visite immanquable : le passage Sainte-Catherine, épris de romantisme avec ses voûtes séculaires et sa rangée d’ateliers artisanaux.

Le patrimoine religieux imprègne Tallinn, située à moins de 3h en ferry d’une autre capitale, la Finlandaise Helsinki. Elle compte deux cathédrales, édifiées sur la colline Toompea – la cathédrale Sainte-Marie (lire ci-dessous) et la sublime cathédrale orthodoxe Alexandre Nevsky – et plus de 20 églises appartenant à différents cultes, dont la plupart ont élu domicile dans le centre historique. L’église protestante Saint-Olaf (12e siècle) mérite une mention pour avoir été jadis (de 1549 à 1625) l’édifice le plus haut du monde avec sa flèche culminant à 159 mètres ! Au registre des anecdotes, elle fut frappée à plusieurs reprises par la foudre et incendiée trois fois. Citons aussi le monastère des Dominicains, doyen des bâtiments locaux (1246), qui prête son cadre unique à des concerts et des pièces de théâtre. Le quartier Kalamaja est une autre invitation au dépaysement avec ses traditionnelles maisons en bois colorées. Il comprend également de nombreux bâtiments industriels reconvertis, ainsi que le Port des hydravions, musée le plus populaire de Tallinn, dont les hangars centenaires en béton armé dévoilent une kyrielle d’objets témoignant de l’histoire militaire et maritime d’Estonie. Et même un sous-marin !

On reste dans le registre des musées avec le Kumu, ouvert en 2006, qui frappe autant par son architecture high-tech que ses importantes collections consacrées à l’art estonien, classique ou contemporain. Dans un tout autre genre, le musée estonien en plein air se révèlera lui aussi instructif. Ce village de 79 hectares, reconstitué dans un parc forestier au bord de la baie de Kopli, donne un bel aperçu de la vie dans ce pays autrefois, avec notamment des fermes, des moulins (à vent et à eau), une école et une caserne de pompiers. Un des nombreux visages d’une ville qui n’a pas fini de surprendre !


Cinq lieux à découvrir

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Tour TV. – Impossible de ne pas voir cette tour rappelant celle de Toronto, qui culmine à 314 mètres. On peut visiter cet édifice datant des années 80 qui comprend un musée et un restaurant… et même prendre part à une promenade vertigineuse sur sa terrasse d’observation, à 170 mètres du sol ! Elle est également le théâtre d’une course d’escaliers.

Le musée du KGB. – Dissimulé au 23e étage de l’Hôtel Viru, l’ancien centre de détention provisoire des services secrets soviétiques témoigne de deux décennies d’espionnage des visiteurs étrangers. Il règne encore aujourd’hui une ambiance mystérieuse et pesante dans ces locaux gris et sinistres. A visiter un jour de pluie !

Cathédrale Sainte-Marie. – Hier catholique, aujourd’hui luthérienne, l’église du Dôme est le plus vieux édifice religieux de Tallinn, mais aussi le seul monument de la colline de Toompea à avoir survécu au terrible incendie de 1684. Sa consécration par le roi danois Valdemar II remonte à 1240. Son clocher et sa flèche baroque a été ajoutés plus tard (17e et 18e siècles).

Foire la Saint-Martin. – Un incontournable pour se plonger dans l’artisanat et les modes de vie traditionnels en Estonie. Musique et gastronomie figurent aussi au menu de cette Mardilaat très colorée et animée.

Palais de Kadriorg. – Ce joyau architectural de style baroque, flanqué de jardins raffinés, symbolise le faste de l’époque tsariste. Pierre le Grand l’a fait construire à partir de 1718 pour son épouse Catherine 1ère de Russie. Il abrite aujourd’hui les collections d’art étranger du Musée estonien des Beaux-arts.