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LE STYLE VOILQUIN

Hubert Voilquin est décédé en août dans sa ville de Vittel. Avec son cousin Albert, « le Bébert », il a longtemps incarné le centrisme dans les Vosges. Plus que ça, Hubert Voilquin, c’était un style, un ton, une manière d’être et de dire. À Vittel, dont il fut maire de 1977 à 1995, lorsqu’on évoque le personnage, une voix, une gueule, une gouaille submergent illico les conversations. « Quand il était instituteur,

CORPS DE LA NATION

Nationale 4, entre Sarrebourg et Lunéville, Blâmont. Face à son église, l’enseigne de la boulangerie a perdu son « i », ce qui fait « boulangère ». De l’autre côté de la rue, un panneau touristique vous apprend l’essentiel, sur l’histoire de la commune, ses richesses, ses balades, ses chiffres-clés. Et ses personnalités nées ici, sur la Vezouze. Elles sont trois. Le général, d’abord. Dominique-Louis-Antoine Klein, dont Napoléon Ier, « après l’avoir fait comte, voulut

L’ABBÉ RÉPUBLIQUE

On va me dire de ne pas tout mélanger. D’accord. Mais quand même. On parle souvent – et on a raison – des 80 parlementaires qui refusent, le 10 juillet 1940, d’accorder les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Qui se souvient des 64 parlementaires qui, le 20 mai 1802, s’opposent, contre 211 de leurs collègues, au rétablissement de l’esclavage ? Parmi eux, le Lorrain Henri Grégoire, dit l’Abbé Grégoire. Bonaparte casse

LE PHENOMÈNE SÉGUIN

J’ai fait les comptes. J’ai passé quatre heures en tout avec ces cinq Spinaliens. Cinq qui ont côtoyé de près le phénomène Philippe Séguin. Car il s’agit d’un phénomène (« Chose ou personne rare, extraordinaire », in Le Grand Robert). Je ne sais pas ce que le phénomène en question penserait de cette unanimité qui enveloppe son nom mais elle est bien là, s’écoulant avec quelques mots qui viennent et reviennent, têtus,

JACQUINOT L’OUBLIÉ

Louis Jacquinot est dans le peloton de tête des grands Lorrains, aux parcours exceptionnels et hors-normes. Pourtant, bizarrement, le Meusien est sorti des mémoires et barbote aujourd’hui dans la multitude des quasi-inconnus. Phénomène injuste et inexplicable. Faites comme moi, prenez votre calepin, allez traîner, demandez ça : « Quels sont les Meusiens célèbres ? » On va vous citer Raymond Poincaré. Normal. Ou André Maginot. Bien. Ou Sophie Thalmann, Miss France en

« Le Moustaki de l’espace »

J’étais au buffet de la gare, sur un grand tabouret noir, la serveuse remplaçait le rouleau de la caisse enregistreuse, je l’attendais. Elle a dit un truc dans ce genre : « p…, b… de m…, c’est quoi cette s… de rouleau. » Je lui ai répondu par une banalité, quand même frappée au coin du bon sens : « Ah, la mécanique, quand ça ne veut pas marcher, faut pas insister… ». J’avais surtout en tête d’attirer

« Les bizarreries de l’existence »

On connaît la sincérité vacharde de Giscard. Sa plume est d’autant plus troublante, touchante, à la mort de Raymond Mondon, en 1971. Elle verse des mots tendres. Ce texte est paru dans le journal des Républicains Indépendants, mouvement que Giscard et Mondon fondent ensemble. Voici un morceau de la prose giscardienne : « Je me souviens de l’impression que m’avaient fait son autorité physique, sa voix, vibrante et gaie, son exubérance confiante (…). L’originalité

Monsieur l’Instituteur !

Je me disais un matin, « tiens, un portrait de Michel Dinet, ça le ferait ! ». Je décrochais mon téléphone. J’appelais l’attaché de presse du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, histoire d’avoir une petite conversation avec celui qu’on appelle « son fils spirituel », son successeur, son ami, Mathieu Klein. Je laissais sonner une fois, peut-être même pas. Je raccrochais. « Non », je me disais. « Va donc traîner à Vannes ». Le fiston m’aurait dit plein de