Tag "Portraits refaits"

Violon et vitriol

© Illustration : Philippe Lorin On peut revisiter la vie de Paul Verlaine en sortant les violons. Ou le vitriol. C’est au choix. Mais avant de s’amouracher ou d’envoyer au diable le « poète maudit », étalons quelques faits indiscutables. Paul-Marie Verlaine naît à Metz le 30 mars 1844, au numéro 2 de la rue de la haute pierre, dans une famille de la petite bourgeoisie. Son papa, Nicolas-Auguste, est capitaine de

PAULETTE ET EMMANUELLE

© Illustration : Philippe Lorin Pour plaire aux amateurs de contes de fées, on pourrait raconter comme un hasard l’immersion dans l’univers du théâtre et du cinéma de Paulette Riva, devenue plus tard Emmanuelle Riva, l’une des actrices françaises mondialement connues. Paulette Riva naît et parcourt son enfance à Cheniménil, entre Épinal et Gérardmer. Elle se prépare au métier de couturière. Acte I, scène I du conte : son papa, peintre en

LE SILENCE DES HÉROS

© Illustration : Philippe Lorin Héros, le mot est si galvaudé aujourd’hui. Il faudrait en prendre soin, ne le sortir qu’aux grandes occasions. En voilà une. Aucune doute n’est possible sur l’appartenance de Marcel Rebourset à la race des grands hommes. La question porte plutôt sur les raisons de l’amnésie collective dont il est victime. Une victime quelque peu consentante, car il fut un grand taiseux, « il n’aimait pas se

L’IMPECCABLE M.LEBRUN

© Illustration : Philippe Lorin De Gaulle et Poincaré ont-ils flingué la réputation de Lebrun ? Possible. Né en 1871 à Mercy-le-Haut (54), président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, député de Briey, plusieurs fois ministre puis président de la République de 1932 à 1940, Albert Lebrun est sorti de nos têtes. Il tente parfois un retour. Difficile, avec l’étiquette et les mots vachards que de Gaulle lui a collé : « Au fond, comme chef

DU COFFRE ET DU CŒUR

© Illustration : Philippe Lorin « Quand je m’emmerde, je me tire ». À un journaliste, lors d’une de ses venues à Lunéville, en 2008, Jean-Pierre Coffe expliquait ainsi son goût de batifoler (1) : « Je suis la démonstration qu’on peut réussir sans études, avec un peu de chance. Dans ma vie, tout est hasard. J’ai écrit une vingtaine de livres, des préfaces, jusqu’à 37. Le premier en 1979, Gourmandise au singulier, a

DE FOOT ET DES VOSGES

© Illustration : Philippe Lorin Une grande partie de la vie de Jacques Georges se résume à une histoire de ballons. Les tendres ballons des Vosges qui habitent les paysages de son enfance. Les ballons ronds d’un monde du foot que le Vosgien a contribué notamment à féminiser. Jacques Georges est né à Saint-Maurice-sur-Moselle il y a 102 ans, le 30 mai 1916. Il y est décédé en 2004 et

PÈRE DU « POIREAU »

© Illustration : Philippe Lorin Napoléon Bonaparte avait créé l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Le Vosgien Jules Méline, 80 ans plus tard, institue le « poireau », Ordre National du Mérite agricole, saluant des services rendus à l’agriculture. La distinction est aujourd’hui encore très recherchée, y compris (peut-être surtout) dans les cercles parisiens du pouvoir où l’on n’a jamais vu une poule, un bœuf, un tracteur ni même des

BEAU TÉNÉBREUX

© Illustration : Philippe Lorin Quelques adjectifs et formules reviennent avec insistance, dans les médias, lorsqu’est évoqué le parcours du Nancéien Georges Marchal : « l’alter-ego », « le rival de Jean Marais », « le jeune premier »… Les Echos, lors de son décès il y a dix ans, avaient opté pour « le beau ténébreux » : « L’œil noir romantique, Georges Marchal était grand, brun, musclé, un rêve de jeune premier, rival de Jean Marais dans les années 50. Au

LA RÉCONCILIATION EN QUESTION

© Illustration : Philippe Lorin Malgré les quelques résistants à l’invasion des amnésies, Émile Bollaert gît quelque part dans un cachot de l’Histoire. Verdict injuste, qui ne tient peut-être pas qu’aux désordres de nos mémoires. Émile Bollaert démarre sa carrière au lendemain de la Première Guerre mondiale, il est d’abord Adjoint au Chef des services administratifs et financiers du ministère des Régions libérées. Puis il enchaîne les postes dans la

Nous nous sommes tant aimés

Le Vosgien Alain Devaquet est décédé le 19 janvier. Il était né à Raon l’Etape en 1942. Avec son départ, s’évanouit l’un des symboles des années 80, ces années aujourd’hui tant chéries, pour des raisons que largement on ignore. On est vite secs quand il s’agit d’expliquer cette affection pour la décennie du Rubik’s cube. Secs, comme nous l’étions quand un journaliste ou un prof nous questionnait sur nos raisons