Tag "Portraits refaits"

Passe ton Dac d’abord

© Illustration : Philippe Lorin Dans le rayonnage des styles drolatiques, Pierre Dac est inrangeable. Tiroir indépendant du placard des comiques, il a fait fi des genres et feu de tous bois, forgeant du potache, de l’absurde, du cocasse, du vachard poétique ou du pittoresque philosophique, bref, du loufoque, un mot qui lui doit la renommée. Dans le dico de Dac, circule aussi beaucoup Schmilblick, né sous sa plume, bien

Chez ces Jean-là

Jean Bernard, Maire de Bar-le-Duc de 1971 à 1995 © Illustration : Philippe Lorin / Droits réservés Aux avant-postes de la République, les maires restent populaires malgré l’époque qui adore détester les politiques. On les apprécie pour leur proximité, leur dévouement, leur bilan, parfois. De certains maires, plus rares, on aime le caractère, on salue l’audace et le don de faire d’un contribuable un citoyen fier de sa ville. Qui

Ma biiiiiche

© Illustration : Philippe Lorin « Ma biche », l’une des répliques les plus illustres de l’inoubliable Louis de Funès s’adressant, en mode penaud ou finaud, à Claude Gensac. La comédienne interpréta si souvent le rôle de l’épouse de Louis de Funès (une dizaine de fois, d’abord dans Oscar puis dans la série des Gendarmes) qu’on finit par croire qu’elle l’était à la ville comme à la scène. Mais la vraie

Du Churchill et du Gulliver

© Illustration : Philippe Lorin D’André Maginot, élu lorrain, conseiller général de Revigny-sur-Ornain, député de la Meuse, plusieurs fois ministre, nos mémoires en passoire ont conservé l’histoire de sa ligne de défense, dite « Ligne Maginot ». Elle fait parfois encore marrer dans les cours d’histoire, devenue symbole de fiasco et d’impuissance. Plusieurs historiens remettent justement les pendules à l’heure, mobilisant quelques faits enfouis, dont ces trois-là. La décision de sa construction,

Il était une foi

© Illustration : Philippe Lorin René Bousquet fut secrétaire général de la police sous Vichy, responsable de la déportation de dizaines de milliers de juifs. Sa carrière d’après-guerre est surprenante… et florissante. Il sort d’un procès de 1949 avec une motion des jurés le « réhabilitant pour services rendus à la résistance » (1), puis se fait banquier ou administrateur de La Dépêche du Midi. Avant la fin des années 70, avant qu’on

Libre sur la place

© Illustration : Philippe Lorin « Roger Mossovic était très avant-gardiste, il exposait dans sa librairie des tableaux et, déjà, il faisait venir des auteurs, ce qui ne se faisait pas à l’époque ». Françoise Rossinot, pilier du Livre sur la Place et déléguée générale de l’Académie Goncourt, évoque les années 70 et 80. Elles ont vu naître et grandir, d’abord modestement, une manifestation aujourd’hui premier rendez-vous national de la rentrée littéraire.

Humain et terrien

© Illustration : Philippe Lorin C’est une belle règle du monde politique qui veut qu’au départ d’un des leurs, d’un des serviteurs de la République, les divergences soient tues. Ce qui réunit prend le dessus, les hommages sont taillés dans la compassion, la sympathie, le respect, pour les uns, l’amitié, la fidélité, l’admiration pour d’autres. Quelques-uns offrent leur silence, un message à interpréter diversement. La lecture de l’ensemble des propos

Oser Joséphine

© Illustration : Philippe Lorin Gault et Millau, Poiret et Serrault, Giscard et d’Estaing, duos indissociables du Testamour de Dutronc(1). Il aurait pu coller dans sa chanson Paul Colin et Joséphine Baker. Les destins du Lorrain et de la Missourienne sont très liés. Joséphine Baker fut l’image des Années Folles, drôle et exceptionnelle meneuse de revues. Paul Colin fut un des grands affichistes français, mondialement reconnu. Il naît à Nancy

Messin malgré lui

© Illustration : Philippe Lorin C’est assez monumental ce que le moine, médecin et écrivain François Rabelais a laissé à la France et, plus vastement, au monde des lettres et des pensées. « Le plus imaginatif des écrivains de la Renaissance »(1) était un sceptique joyeux – « on n’apprend bien qu’en se distrayant » –, bon vivant, pacifique, curieux, humble : « il a critiqué ceux qui ne connaissent ni la peur, ni les limites humaines.

La Lorraine de Giscard

© Illustration : Philippe Lorin Depuis 38 ans, il porte avec élégance le pull-over fin et le titre d’«ex». Depuis le 21 mai 1981 et sa sortie de l’Élysée, à pied et sous les vivats et sifflets mêlés. Valéry Giscard d’Estaing aura cent ans dans un septennat, et toujours aucun signe de ramollissement, aucune gaffe à se faire pardonner pour fait d’âge canonique. Aujourd’hui, l’ancien président de la République (1974-1981) parle peu, parle