Tag "Portraits refaits"

DU COFFRE ET DU CŒUR

© Illustration : Philippe Lorin « Quand je m’emmerde, je me tire ». À un journaliste, lors d’une de ses venues à Lunéville, en 2008, Jean-Pierre Coffe expliquait ainsi son goût de batifoler (1) : « Je suis la démonstration qu’on peut réussir sans études, avec un peu de chance. Dans ma vie, tout est hasard. J’ai écrit une vingtaine de livres, des préfaces, jusqu’à 37. Le premier en 1979, Gourmandise au singulier, a

DE FOOT ET DES VOSGES

© Illustration : Philippe Lorin Une grande partie de la vie de Jacques Georges se résume à une histoire de ballons. Les tendres ballons des Vosges qui habitent les paysages de son enfance. Les ballons ronds d’un monde du foot que le Vosgien a contribué notamment à féminiser. Jacques Georges est né à Saint-Maurice-sur-Moselle il y a 102 ans, le 30 mai 1916. Il y est décédé en 2004 et

PÈRE DU « POIREAU »

© Illustration : Philippe Lorin Napoléon Bonaparte avait créé l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Le Vosgien Jules Méline, 80 ans plus tard, institue le « poireau », Ordre National du Mérite agricole, saluant des services rendus à l’agriculture. La distinction est aujourd’hui encore très recherchée, y compris (peut-être surtout) dans les cercles parisiens du pouvoir où l’on n’a jamais vu une poule, un bœuf, un tracteur ni même des

BEAU TÉNÉBREUX

© Illustration : Philippe Lorin Quelques adjectifs et formules reviennent avec insistance, dans les médias, lorsqu’est évoqué le parcours du Nancéien Georges Marchal : « l’alter-ego », « le rival de Jean Marais », « le jeune premier »… Les Echos, lors de son décès il y a dix ans, avaient opté pour « le beau ténébreux » : « L’œil noir romantique, Georges Marchal était grand, brun, musclé, un rêve de jeune premier, rival de Jean Marais dans les années 50. Au

LA RÉCONCILIATION EN QUESTION

© Illustration : Philippe Lorin Malgré les quelques résistants à l’invasion des amnésies, Émile Bollaert gît quelque part dans un cachot de l’Histoire. Verdict injuste, qui ne tient peut-être pas qu’aux désordres de nos mémoires. Émile Bollaert démarre sa carrière au lendemain de la Première Guerre mondiale, il est d’abord Adjoint au Chef des services administratifs et financiers du ministère des Régions libérées. Puis il enchaîne les postes dans la

Nous nous sommes tant aimés

Le Vosgien Alain Devaquet est décédé le 19 janvier. Il était né à Raon l’Etape en 1942. Avec son départ, s’évanouit l’un des symboles des années 80, ces années aujourd’hui tant chéries, pour des raisons que largement on ignore. On est vite secs quand il s’agit d’expliquer cette affection pour la décennie du Rubik’s cube. Secs, comme nous l’étions quand un journaliste ou un prof nous questionnait sur nos raisons

D’OUVRIÈRE À CONSUL DE FRANCE

Les éloges funèbres ont leur code et ce code a son préambule : rappeler que le disparu était exceptionnel. Ou extraordinaire, hors du commun, inoubliable, génial… Lorsque Josette Renaux, maire de Baccarat, surprit son monde en le quittant brutalement en 2013, ces mots ont réapparu, mais ils n’étaient pas extraits du code, ils venaient du cœur, ils avaient du sens. On peut dire de Josette Renaux qu’elle était une femme d’exception. Son

LA RÉFORME POUR RÉVOLUTION

(© Illustration : Philippe Lorin) 31 mars 2017, coup de tonnerre dans le ciel syndical, la CFDT pique la place de la CGT et devient premier syndicat de France dans le privé. Ce jour là, à la CFDT, on pense beaucoup à François Chérèque. Le Lorrain, secrétaire général de la CFDT de 2002 à 2012, est décédé quelques semaines plus tôt. Il fut l’un des acteurs de cette victoire acquise

LYCÉE REISER BONJOUR

(Illustration : Philippe Lorin) Ça fait drôle. Vous appelez le lycée de Longlaville (54), il n’y a personne au bout du fil et vous tombez sur ça : « Lycée Reiser bonjour. Pour signaler une absence ou joindre la Vie scolaire, composez le 1… ». J’appelais trop tard, l’heure d’un conseil de classe peut-être, de la pause-tige ou d’une manif sur le prix du sucre autour de la machine à café. J’appelais pour

METZ RÉCONCILIÉE AVEC COCTEAU ?

Jean Cocteau, sa vie, son œuvre, son héritage. Voilà qui donne le vertige. On le peint en mille tableaux. Il y a le gamin du Paris riche et mondain, « choyé, nerveux, difficile de caractère », loupant son bac, une fois, deux fois, qui, au lycée Condorcet, « ne brillait qu’en dessin, en gymnastique et en allemand ». Il y a le dandy, traînant les cabarets, les salons. L’homme de réseau, qui tisse sa