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Alexis Grüss Senior : Alexis le Grand

Portrait par Vianney Huguenot   Dans la famille Grüss, je demande le père fondateur, Alexis Grüss Senior, exceptionnel maître écuyer, né à Briey en 1909. Fondateur de la saga Grüss, oui et non. Non, parce qu’il y eut des cirques Gruss (le tréma sur le u disparaît au fil de l’histoire) avant sa naissance. Oui, car la grande histoire des cirques Gruss démarre vraiment en 1943 : Alexis cofonde au cœur

Émile Durkheim : (in)conscience collective

Émile Durkheim © Illustrations : Philippe Lorin Portrait par Vianney Huguenot   Si j’ai bien tout compris de la pensée durkheimienne – by Émile Durkheim, né à Épinal, premier héritier d’une longue lignée de rabbins à ne pas entrer en religion – et si je dois la résumer d’une formule abrupte, je me risque à ça : tu n’es pas seul, camarade ! Prenez le mot camarade au sens générique,

Darry Cowl : tragi-comédie de la vie

Darry Cowl © Illustration : Philippe Lorin Portrait par Vianney Huguenot   Furtivement Lorrain et Vittellois – il naît et ne vit que quelques années de son enfance dans la ville thermale vosgienne où son père médecin exerce – André Darricau prend plus tard le nom de Darry Cowl, « pour le jazz et le côté américain » (1). La vie avant pseudo se tisse de premiers drames. Fruit d’une relation adultère de

Émile Erckmann et Alexandre Chatrian : jamais deux sans toi

Émile Erckmann et Alexandre Chatrian © Illustrations : Philippe Lorin   Portrait par Vianney Huguenot En France, des dizaines de rues Erckmann-Chatrian et parfois cette question : au fait, c’est quoi le prénom du gus ? Pas si bête. Pendant quarante ans, ces deux Lorrains, Émile Erckmann et Alexandre Chatrian, ne font qu’un. Émile naît en 1822 à Phalsbourg, une ville qui l’inspirera toute sa vie. Alexandre apparaît quatre ans

Raymond et Henri Poincaré : aux âmes bien nées…

Raymond et Henri Poincaré © Illustrations : Philippe Lorin Portrait par Vianney Huguenot Nous sommes en 1871, Henri Poincaré, 17 ans au compteur, ramasse deux titres de bachelier au lycée impérial de Nancy, en sciences et en lettres. Germe, la même année, la germanophobie de Raymond Poincaré, son cousin meusien, 11 ans, expédié en Normandie pour cause de guerre et d’occupation de Bar-le-Duc par les Prussiens. De retour en Meuse, le jeune

Pierre Dap : « Il ne trichait jamais »

Pierre Dap © Illustration : Philippe Lorin Portrait par Vianney Huguenot J’avais, j’avoue, un a priori sur le personnage. Mon imagination, bercée par les bribes d’une revue de presse, dessinait un banquier vieille France. Pierre Dap l’était. Il était « un grand banquier », suggère plutôt le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau (1). Élargissons : il était un grand bonhomme. Nos rencontres, rares et intenses, m’emmenaient à

Robert Bernard : Bob l’Africain

© Illustration : Philippe Lorin par Vianney Huguenot Ils sont nombreux, à Saint-Dié-des-Vosges, à ne découvrir vraiment leur maire qu’à sa mort, en avril 2002. À l’annonce du décès de Robert Bernard, les messages du monde entier affluent. Ibrahima Fall, secrétaire général de l’Union des parlementaires africains et député du Sénégal écrit : « Nous ressentons ton absence comme un vide impossible à combler. Mais comme tu le sais, en Afrique,

Hélène Studler : sœur de la Sainte-Résistance

© Illustration : Philippe Lorin par Vianney Huguenot   La résistance aux Allemands et aux nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale, désigne dans la réalité une palette d’engagements très variés. Un patchwork. Nos mémoires étroites en retiennent quelques-uns, les plus déterminants, rangés à raison dans les panthéons officiels. Mais à l’ombre des monuments, des ribambelles de résistants, armés de motivations diverses, sont passés à l’action… puis à l’as. Oubliés ou

Les frères Goncourt : affreux, seuls et méchants

© Illustration : Philippe Lorin par Vianney Huguenot Ainsi va le monde. On défouraille dans les coins à la recherche des ombres et on lira un jour, peut-être, que le prix littéraire le plus reluqué et réputé est débaptisé, désormais coiffé d’un – ou une – maître plus respectable que ces deux-là : Edmond et Jules Goncourt, « détestant les juifs, les femmes, les parvenus, les pédérastes, la bohème, la République, les grenouilles

Choron et ron, petit patapon

© Illustration : Philippe Lorin   par Vianney Huguenot   Il est comme le patapon : pas définissable. Ou il l’est trop. À coup d’épithètes en pagaille : insolent, énervant, fabuleux, anar, chauve, bête et méchant. Un coup d’œil sur le pedigree de Georget Bernier ne corrobore pas tout à fait l’image majoritaire. On surprend en deuxième lecture un Professeur équipé d’un P majuscule, un Choron tendre, attentif, lorrain, meusien, descendant de