FRESQUE-DAVID-WALKER-(©-Ville-de-Nancy)

David-Walker-s’est bâti une réputation mondiale avec ses fresques réalisées à la bombe (©-Ville-de-Nancy)

L’art s’installe dans la ville : le street-art métamorphose quelques rues de Nancy. Cette forme d’expression sauvage et underground s’affiche à visage découvert dans le cadre de plusieurs événements, de la Big jam en juin jusqu’à la réalisation de fresques en direct tout au long de la saison. En septembre, l’aventure continue…

À la fin du mois de juin, la Big jam nancéienne a constitué une célébration à la hauteur des ambitions : sur le site des anciennes usines Alstom, l’association Jim proposait à des artistes urbains, bombes aérosol en main, de participer à une exposition évolutive. Comme dans la rue, l’œuvre de l’un était systématiquement recouverte par celle du suivant. Une quarantaine de graffeurs locaux, nationaux et internationaux ont participé à cette fête, célébrant la fugacité et l’immédiateté d’un art qui se savoure en mouvement. Mais tout avait commencé quelques jours auparavant, en centre-ville, avec la fresque de David Walker installée sur la façade du CCAS. L’Américain s’est bâti une réputation mondiale à travers ses portraits hyper-réalistes réalisés à la bombe. Le passant pourra désormais croiser un nouveau regard en parcourant la rue Léopold Lallement.

Ces incursions du street-art en terres nancéiennes s’inscrivent au sein d’une politique plus large de la Ville, qui englobe de la même façon les installations de Robert Stadler, Pierre Bismuth ou Daniel Buren. Cet Art dans la ville, c’est l’introduction d’une création contemporaine, audacieuse, dans l’espace public, mais c’est aussi le désir d’apporter un accès immédiat à l’art, hors les murs… « dans » les murs, pourrait-on dire. Le désir d’apporter un accès immédiat à l’art, hors les murs… « dans » les murs, pourrait-on dire.De la même façon, sur la façade du centre commercial Saint-Sébastien, l’une de ces surfaces sera consacrée à une fresque renouvelée chaque mois : Le M.U.R. sera investi par des artistes invités par l’association éponyme. C’est le Français Alëxone qui aura eu le privilège de l’inaugurer le 4 juillet dernier, en déclinant son bestiaire cartoonesque sur la surface partagée de huit mètres par trois. Le 19 septembre, les figures humaines du Nancéien Joris Infanti prendront le relais. Ce peintre issu du graffiti prend pour modèles visages inconnus des conflits et icônes hollywoodiennes, se plaisant à utiliser toutes les matières, à envahir tous les supports, du mur à la toile en passant par ses autocollants placardés dans les rues du monde entier. Il s’appliquera à colorer les murs et à défigurer les faciès, en introduisant un nouvel élément de sa galerie de portraits grinçants dans la rue nancéienne. Vous pourrez venir l’admirer au travail lors du vernissage organisé le jour-même autour du M.U.R., qui se veut une expression de la diversité du street-art et des expressions multiples que cette forme d’art marginale a engendrées auprès de générations nourries à la pop-culture. Cette saison, la chasse à la grisaille est ouverte à Nancy. 

Le M.U.R., façade du centre commercial Saint-Sébastien
Fresque de David Walker au CCAS rue Léopold Lallement
Street Painting #8 par Lang et Baumann, rue des Ponts


LE BITUME COMME PAYSAGE

lang-baumann-(©Langbaumann.com)

Le duo suisse Sabina Lang et Daniel Baumann ont réalisé une fresque de 182 mètres de long dans la rue des Ponts à Nancy (©Langbaumann.com)

Du 31 août au 4 septembre, Sabina Lang et Daniel Baumann sont au travail rue des Ponts, recouvrant la chaussée de courbes et de lignes colorées offrant une perspective inédite. Davantage affiliés à l’art contemporain qu’à celui du graffiti, leur travail investit les « whites cubes » des salles d’exposition, mais leur espace d’expression privilégié n’en reste pas moins la rue. Ils s’invitent dans les perspectives cernées par les vieilles pierres, les usines, les ponts… avec des installations monumentales visibles en Suisse, en France, en Russie ou encore en Argentine. Leur huitième Street-painting sera donc nancéien : une fresque de 182 m de longueur pour 271 m² qui nécessitera pas moins de 516 litres de peinture ! Une performance à la hauteur des précédentes réalisations du duo suisse, qui s’attache à renouveler notre vision de l’espace urbain en inventant de nouveaux paysages.

Street Painting #8 par Lang et Baumann, rue des Ponts. Inauguration officielle le jeudi 17 septembre à 19h
http://langbaumann.com