Chez ACREOS, on aime la simulation. C’est même une spécialité dans cette société mosellane basée à Morhange. Grâce à ses simulateurs inédits, chaque année des milliers de personnes sont formées à la conduite d’engins de travaux publics. Située en première ligne dans ce domaine, cette filiale du groupe AFCE affiche de grandes ambitions.

(© ACREOS)Simuler. Voilà un verbe, appliqué à certaines situations, qui a tendance à faire sourire. Pas chez ACREOS, où il est pris très au sérieux. Car dans cette société basée à Morhange en Moselle, la simulation est venue en soutien d’une pédagogie déjà très avancée dans le domaine de la formation à la conduite d’engins de toutes sortes, dont une forte proportion pour les travaux publics. Chez cette filiale du groupe AFCE (un organisme axé sur les services et la formation), la technologie s’est mise au service de l’humain, un mot qu’Éric Pierson, son président, place au cœur de la politique maison.

En investissant, il y a huit ans et avec l’aide de la BPALC (Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne) le marché embryonnaire des simulateurs de conduite d’engins de chantier, la société ACREOS s’est positionnée comme leader capable aussi bien de concevoir que de commercialiser ce genre d’outils. Mais la force de frappe ne s’arrête pas là, car la jeune entreprise bénéficie d’un savoir-faire reconnu dans le domaine de la pédagogie, l’autre pilier, et même le cœur de métier, de cette entreprise en pleine croissance (lire ci-contre). Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque cet accompagnement très pointu profite chaque année à plus de 7 000 candidats en France. Et les prestations ne se limitent pas aux individus, car ce savoir-faire s’exporte, au même titre que les produits innovants conçus par ACREOS, qui ont déjà bénéficié à une trentaine de pays. Les formateurs made in France sont par exemple intervenus en Amérique Latine et sur le continent africain, au Niger et au Maroc notamment. « Il nous arrive aussi de former des formateurs ailleurs, et de vendre des équipements pour permettre à des tiers d’encadrer le personnel », ajoute Eric Pierson.

Objectif : faire d’ACREOS le numéro un mondial de l’enseignement de la conduite d’engins par simulation.

Ce panel très large de prestations, aussi bien destiné aux pays industrialisés qu’aux nations émergentes, permet aussi à la société mosellane de compenser la perte de parts de marché qui touche les formations dites traditionnelles, alors que le secteur du BTP, un client important de l’entreprise, n’en a pas fini avec la crise.

Pour rester compétitif sur ce marché porteur mais soumis à une concurrence à l’échelle internationale, ACREOS a aussi misé sur ses ressources internes. « On s’est doté de notre propre structure de recherche et développement pour gagner en réactivité et en autonomie », souligne le président, ingénieur de formation, en précisant que 12 ingénieurs sont rattachés à la sacro-sainte innovation, fer de lance d’ACREOS. Cette concentration de matière grise n’est pas un hasard. Sur un échiquier mondial où d’autres compagnies placent leurs pions, Éric Pierson est fermement décidé à toujours avoir un coup d’avance : son ambition est de faire d’ACREOS le numéro un mondial de l’enseignement de la conduite d’engins par simulation. Un autre challenge que cet amateur de défis entend bien relever.


UN MARCHÉ PROMETTEUR

« Investir dans le manufacturier aujourd’hui en France, c’est presque du suicide, car c’est très cher. » Éric Pierson est bien placé pour parler des charges qui pèsent sur ce secteur et le bride, mais aussi pour mesurer le chemin parcouru par sa société. La filiale du groupe AFCE connaît une croissance constante depuis sa création en 2007, dans un marché encore jeune et qui ouvre d’intéressantes perspectives. Aujourd’hui, la structure compte 22 employés pour un chiffre d’affaires qui a dépassé les 2 millions d’euros en 2014. La feuille de route est d’autant plus prometteuse que la formation par simulation n’intéresse pas seulement le monde des travaux publics, où les besoins sont loin d’avoir été comblés. Le secteur minier est un autre marché très demandeur : on pense par exemple à la conduite de camions de fort tonnage. Le portuaire toque lui aussi à la porte. Un autre débouché important selon le dirigeant, qui considère cette piste comme une sérieuse voie de diversification pour les années à venir.