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Cela fait 20 ans que le Conseil Départemental de la Moselle multiplie les initiatives afin que les jeunes mosellans apprennent l’allemand. Dernier exemple en date avec le lancement d’une opération sur le territoire Val de Moselle. Plus de 2000 élèves en bénéficient.

« L’apprentissage de la langue du voisin a été identifié comme un atout majeur pour les jeunes de notre Grande Région. Il s’agit de promouvoir une jeunesse multilingue, curieuse et ouverte sur le monde et aux autres ». C’est fort de cette conviction que le Département de la Moselle, depuis plus de 20 ans, soutient les initiatives en la matière et multiplie les coopérations entre les acteurs mosellans mais également sarrois et rhénans-palatins. Tout récemment encore, le 22 janvier dernier, une convention intitulée Expérimentation Val de Rosselle a été signée afin d’initier un programme original en la matière, associant les 4 communautés de territoires du Val de Rosselle. « Il s’agit de promouvoir une jeunesse multilingue, curieuse et ouverte sur le monde et aux autres »« Ce dispositif vise à augmenter encore le nombre de jeunes apprenant l’allemand sur ce territoire mais également à renforcer l’employabilité des jeunes avec un apprentissage de l’allemand qui se veut avant tout pratique. La dimension économique est importante », souligne Gilbert Schuh, Conseiller départemental (Forbach), délégué aux relations transfrontalières. Cela se confirme également par des actions visant à faire découvrir aux jeunes le monde de l’entreprise, des deux côtés de la frontière, au travers de visite et d’ateliers. Il suffit de jeter un œil sur quelques chiffres pour se convaincre de la pertinence de la démarche. 250 entreprises allemandes sont installées en Moselle. 22 800 Mosellans traversent quotidiennement la frontière vers l’Allemagne pour travailler. La Sarre et la Rhénanie recrutent et se tournent tout naturellement vers la Moselle pour trouver de la main-d’œuvre. À l’horizon 2040, la population active en Sarre aura baissé de plus de 30%, et celle de Rhénanie-Palatinat de 22%, essentiellement du fait de la diminution de près d’un tiers des moins de 20 ans, qui par conséquent ne seront plus en capacité de répondre à l’offre d’emploi dans ces deux Länder. Quant aux plus de 65 ans, leur nombre connaîtrait une croissance de plus 25% sur la période de 2010 à 2040. « Compte tenu de ces évolutions démographiques, il est vital pour le développement de nos territoires, de construire les passerelles linguistiques et interculturelles permettant de faciliter la mobilité de nos concitoyens. Il s’agit là d’une priorité absolue face au vieillissement de la population active en Allemagne et à l’exode professionnel des plus jeunes en Moselle », affirme Gilbert Schuh. Compte tenu, aussi, du dynamisme du marché du travail luxembourgeois. Nul doute qu’un Français qui maîtrise l’allemand multiplie très sérieusement ses chances d’y décrocher un job. Voire même la possibilité pour un parfait trilingue (il faudrait aussi parler l’anglais) de négocier avantageusement son salaire. Ces polyglottes sont tout particulièrement recherchés.


EXPÉRIMENTATION VAL DE ROSSELLE

CONVENTION-APPRENTISSAGE-ALLEMAND-(©-Florence-Doncourt)

2000 élèves mosellans sont concernés par la convention cadre « Val de Rosselle » (© Florent Doncourt)

Initiée par le Conseil départemental de la Moselle et développée en étroite collaboration avec l’Education Nationale, la Communauté d’Agglomération de Forbach Portes de France, les Communautés de Communes du Pays Naborien, de Freyming Merlebach et du Warndt, la convention cadre « Val de Rosselle » concerne actuellement 10 écoles maternelles, 10 écoles primaires et 8 collèges du Val de Rosselle. Actuellement, un peu moins de 2 000 élèves sont concernés, l’ambition est d’en toucher 2 300 à échéance 2018. Une enveloppe de 106 390 euros est dédiée à ce projet pour 2016. S’y ajoutent 30 000 euros destinés à créer un portail internet « Pass Lingua ». Ce site mis à la disposition des enseignants et des assistants de langue, affiche de multiples fonctions : ressources pédagogiques, échange de bonnes pratiques, développement d’une communauté d’acteurs… « Suite aux résultats observés sur le Val de Rosselle, il pourrait être proposé, dans une prochaine étape, d’étendre cette expérimentation à d’autres territoires », précise également le Conseil Départemental de la Moselle.