Dans Sonita ou la valeur d’une vie, on assiste au combat d’une jeune afghane, réfugiée à Téhéran, pour devenir chanteuse de hip-hop. Un rêve synonyme de liberté à bien des égards.

Face au regard brun perçant et déterminé de Sonita, déclamant ses rimes devant une poignée de jeunes filles dans une cour défraîchie de Téhéran, on en est convaincus : la jeune afghane de 18 ans est faite pour le hip-hop, cette musique de la vie, de la rage et de l’affirmation de soi. Un rêve qui semble devoir rester cantonné à ses cahiers d’écolière, où elle colle son visage sur des stars découpées dans les magazines. Car tout semble contre elle : harcelée par sa famille qui souhaite la marier à un inconnu pour financer les noces de son frère, elle est réfugiée dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de chanter en solo. Sonita va pourtant se rebeller et tenter jusqu’au dernier moment d’échapper à la destinée qu’on veut lui imposer.

Le documentaire suit la jeune femme dans le petit logement qu’elle occupe avec sa sœur et sa nièce ou au sein du foyer pour jeunes réfugiées dont la responsable fait tout pour tenter de l’aider. On écoute Sonita y discuter avec ses amies, parfois plus jeunes qu’elles, évoquant les mêmes mariages arrangés, quand elles ne sont pas déjà unies à un homme plus âgé. Pour exprimer sa révolte, la jeune afghane compose la chanson Brides for sale, démarche les producteurs iraniens, réalise son premier clip… face aux pressions familiales, au manque d’argent, la situation paraît insoluble. Une heure durant, le spectateur reste suspendu à ce récit édifiant et émouvant, à la conclusion incertaine, filmé au plus près de ses protagonistes, et ponctué de moments d’intimité très forts.

Sonita ou la valeur d’une vie de Rokhsareh Ghaem Maghami

52 min, disponible gratuitement sur www.arte.tv / Jusqu’au 6 décembre.