Pascal Schumacher©Fredrik Altinell

C’est un habitué de la Philharmonie Luxembourg qui se produira le 24 octobre dans le grand auditorium. L’enfant du pays Pascal Schumacher profitera de cette soirée pour présenter les pièces de son premier projet solo. Le vibraphoniste a composé la plupart des morceaux de Sol, un album lumineux et planant paru chez Neue Meister.

Le 24 octobre prochain marquera les retrouvailles de Pascal Schumacher avec une salle qu’il connaît bien pour y avoir joué à plusieurs reprises. Sauf que cette fois, et ce sera une première, il sera seul sur la scène du grand auditorium de la Philharmonie Luxembourg, avec pour uniques compagnons d’échappée musicale ses instruments, ainsi qu’un dispositif électronique et lumineux.

Percussionniste chevronné, Pascal Schumacher est indissociable du vibraphone avec lequel il semble ne faire qu’un. Comme il le confiait en juin dernier au micro de France Musique, son histoire d’amour avec ce fidèle partenaire a débuté par un coup de foudre dans sa prime jeunesse. « Lorsque j’allais à mon cours de percussion, il y avait cet instrument qui brillait, tout doré. Dès que le professeur quittait la salle, je ne pouvais pas m’empêcher d’en jouer. » Outre cet aspect attirant, c’est surtout la sonorité dégagée par le vibraphone qui a captivé son attention et jeté les bases de leur inoxydable relation. Ce son à la fois métallique et velouté, ce mélange de disputes et de caresses entre les lames et les mailloches, selon le répertoire et le style de musique abordé.

Il y a deux ans, une expérience jugée ensorcelante par le Luxembourgeois a changé radicalement ses plans, au point de prendre la décision – crève-cœur – de quitter son groupe, le Pascal Schumacher quartet, pour tenter l’aventure en solitaire. Le déclic s’est produit en 2018, lors du Festival de Salzbourg, où il avait été invité à se produire seul. Il avait alors ressenti comme une révélation. « Durant ces concerts, je me suis senti plus libre que ne l’avais jamais été auparavant. C’était un immense plaisir. Pour le public aussi, il se passait quelque chose, les gens écoutaient avec une très grande concentration, ils étaient vraiment plongés dans la musique. C’était une expérience nouvelle pour moi. »

Le concert luxembourgeois du 24 octobre sera l’occasion pour le public de découvrir le premier album de Pascal Schumacher dans ses habits d’artiste seul en scène. Une véritable plongée dans l’intimité que ce projet planant paru récemment chez Neue Meister, à l’image de la reprise de Tearjerker, célèbre chanson du Japonais Ryuichi Sakamato. Mais une plongée aussi dans la solitude, qui fascine le vibraphoniste. « Lorsque tu joues en solo, tu es seul face à toi-même, face à tes moments de force comme à tes moments de faiblesse, qui ne sont d’ailleurs pas forcément les pires. Il y a une grande beauté dans la fragilité de chacun, c’est souvent un point de départ pour des effets magiques. Jouer en solo, c’est une expérience d’une grande intensité. »

Le samedi 24 octobre, à 20h, dans le grand auditorium de la Philharmonie Luxembourg.

Renseignements et réservations :

www.philharmonie.lu


Pascal Schumacher en bref

Ne parlez pas de cadre à Pascal Schumacher. L’enfant de Luxembourg (il y est né en 1979) est plutôt du genre à déborder quand il s’agit de musique, qu’il considère comme un « terrain de jeu sans limites ». Professeur de jazz et de percussions classiques au Conservatoire de musique de sa ville natale, il est aussi le directeur artistique du festival de jazz Reset, qui a lieu à l’abbaye de Neumünster. Cet homme de musique, qui compte parmi ses collaborations le théâtre et le cinéma, est aussi un homme de cœur, lui qui est l’ambassadeur de SOS villages d’enfants Monde – Luxembourg.

Son plus récent projet, Sol, remonte à juin dernier. Un opus aussi planant que lumineux où la musique classique se mêle à des sonorités électro minimalistes. Propice à la méditation, ce disque éthéré et intime rassemble 14 pièces, pour la plupart composées par le Luxembourgeois. On peut aussi y entendre une reprise de Tubular Bells, un tube des années 70 signé Mike Oldfield, connu pour être le thème du film L’exorciste.