Sur Netflix Saison 1 à 4

« On ira tous au Paradis », comme le dit la chanson. C’est en tout cas ce qui semble être le cas pour l’héroïne de The Good Placejeune femme ordinaire aux choix de vie pas toujours avisés ni bien intentionnés. Mais comment se fait-il alors qu’elle se retrouve au Bon Endroit ? Après trois saisons d’aventures farfelues aux accents philosophiques, la série comique réalisé par Michael Schur reprend du service pour une toute dernière fois.

Eleanor Shellstrop est morte. Quand elle ouvre à nouveau les yeux, elle est assise sur un canapé en cuir, dans ce qui a tout l’air d’être une salle d’attente. Face à elle, un écriteau déclare : « Bienvenue ! Tout va bien. » Et pour cause : la jeune femme a atterrie au « Bon Endroit » (ou The Good Place en version originale, d’où le titre de la série). Antithèse du « Mauvais Endroit », cet au-delà est réservé aux personnes ayant vécu une existence vertueuse, probe et intègre, jalonnées d’actes exceptionnels. Attention, pas de religion ou de croyance ici, si ce n’est celle d’adhérer à l’idée d’une vie après la mort. À son arrivée, Eleanor est accueillie par Michael, l’architecte d’un des quartiers du Bon Endroit, où l’héroïne va vraisemblablement passer le reste de son existence posthume. Ce dernier lui fait alors la visite de cet espace joyeux et harmonieux, quoique haut-en-couleur : les décors ne lésinent pas sur le kitch et le tape-à-l’œil. Cette vie après la mort offre tout ce dont Eleanor peut rêver, à commencer par des magasins de yaourts glacés gratuits. L’architecte explique aussi comment fonctionne le système d’entrée au Bon ou au Mauvais Endroit : ce n’est ni plus ni moins qu’un système de points. Lors de leur passage sur Terre, les humains sont pareils à des candidats de téléréalité : leurs moindres faits et gestes sont scrutés à la loupe et prêts à se voir attribuer des points en permanence, selon que leurs impacts sur l’univers sont positifs ou négatifs. Ainsi, faire un câlin à un ami triste, sauver un enfant de la noyade ou encore aider un bernard l’hermite à trouver une nouvelle coquille vous apporteront des points, tandis que demander à une femme de sourire, commettre un génocide ou empoisonner l’eau d’une rivière vous en feront bien entendu perdre. Au bout du compte, les personnes additionnant des scores positifs très élevés se voient ouvrir les portes du Bon Endroit. Bien plus, chacun et chacune a l’occasion de trouver sa véritable âme sœur, avec qui partager cette éternité bien méritée. Très vite néanmoins, quelques bugs et autres couacs viennent troubler l’équilibre du Bon Endroit : par exemple, des coccinelles géantes volent dans les rues et terrifient les habitants ou des détritus tombent du ciel. Plus encore, on apprend rapidement qu’Eleanor n’a pas été une sainte lors de sa vie terrestre, bien au contraire : elle en conclut elle-même qu’il y a erreur sur la personne et qu’elle n’aurait pas dû être envoyée au Bon Endroit. À côté des gens ayant passé leur vie à sauver des chiots ou à faire de l’humanitaire, elle fait plutôt tache. Serait-elle alors la cause des dérèglements dont souffre le Bon Endroit depuis son arrivée ? Heureusement pour la jeune femme (même si elle ne le voit pas de cet œil-là de prime abord), l’âme sœur qui lui est attribuée n’est autre que Chidi, professeur d’éthique et de philosophie morale. Doté d’un esprit brillant et sachant faire preuve de patience, il décide d’aider Eleanor à devenir une meilleure personne en lui donnant des cours d’étique et de morale, ses deux grandes passions. Deux autres personnages viennent compléter leur groupe : d’une part, Jianyu, un moine bouddhiste ayant fait vœu de silence, d’autre part Tahani, une jeune femme intelligente et à la conversation brillante issue de la haute société anglaise, qui se plaît à nommer les célébrités qui font partie de son réseau d’amis (selon la rumeur, c’est elle qui aurait présenté le prince Harry à sa future femme, Meghan Markle). Sans oublier la très enjouée Janet, sorte de Siri sous forme humaine, qui est la source de toutes les connaissances et informations. Créée par le roi des sitcoms Michael Schur, qui compte à son actif des séries comiques renommées tel que The Office, Parks and Recreation ou encore Brooklyn Nine-Nine, The Good Place est moins légère et anodine qu’elle n’en a l’air. Entre deux aventures abracadabrantes, cette série feel good n’hésite pas à instiller quelques réflexions philosophiques et existentielles.