(© Aziz Mébarki)
Véronique Colin-Poitiers déguste autant la vie dans sa robe d’avocate que dans ses habits de mère de quatre enfants. « Ce qui est important, c’est de lui donner un sens et de savoir l’apprécier à sa juste valeur », martèle cette Messine qui sait ce qu’il faut parfois endurer pour en mesurer la véritable dimension.

Elle n’est pas née à Metz, mais s’y est très vite acclimatée. La Moselle, Véronique Poitiers la pratique depuis près de 30 ans. Quand on lui demande quels sont ses coups de cœur dans l’ancienne Divodurum, elle ne pointe aucun monument, ne cite aucun endroit en particulier… Un resto, un café, une boutique alors ? Même pas. Son cœur bat pour ses habitants, pour ces rencontres qui ont fait passer son adoption comme une lettre à la poste. « J’aime les gens ici, je suis tombée sur des personnes solides et vraies, et je crois que c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie », confesse cette native de Bourgogne.La vie. Sans doute la plus belle plaidoirie de cette avocate passée par la Cour d’appel de Metz avant de poser ses dossiers au tribunal de cette même ville, avec entre les deux une parenthèse de deux ans en Suisse italienne, où elle fera ses armes dans l’immobilier. Une touche-à-tout Véronique Colin-Poitiers ? En tout cas une femme qui n’a pas peur de prendre son destin en main, aimant à répéter que « pour s’en sortir, on ne peut compter que sur sa propre énergie ». Une femme de défis qui jongle entre son métier, ses quatre enfants et ses amis. « Un quotidien très prenant mais pas désagréable au final », observe-t-elle. 

LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON de Jean-Dominique Bauby « La résilience »

« C’est pour moi le livre par excellence qui parle de la séparation et de la solitude, mais aussi de la façon dont on peut rebondir pour profiter de cette vie qui est belle. » Dire que Le Scaphandre et le papillon a ému la Messine est un euphémisme. « C’est un livre qui laisse beaucoup d’espoir. Cet homme arrive à nous faire voyager et rêver alors qu’il est prisonnier de son propre corps », ajoute-elle à propos de cette œuvre « d’une force incroyable » dont elle n’a pas vu la version cinéma. « Je n’en ai pas éprouvé le besoin, le livre est tellement fort ! Et puis je trouve presque impudique de voir jouer Jean-Dominique Bauby par quelqu’un d’autre. »

JEUX INTERDITS de René Clément « La poésie »

Ce classique du cinéma français à la trame sonore inusable, qui raconte l’histoire d’une fillette recueillie par une famille de paysans dans la France de juin 1940, notre avocate l’a vu à maintes reprises avec la même émotion. « Il est magnifique. Il est encore question de séparation et de solitude, mais je le trouve tendre et plein de poésie » Un long-métrage qui lui a aussi rappelé avec brutalité l’actualité, alors que Bruxelles venait d’être frappée par des attentats terroristes au moment de cet entretien. « Jeux interdits commence par un bombardement, et aujourd’hui l’Europe est endeuillée par les bombes », souffle-t-elle en pensant aux victimes et à leurs proches.

IL EST TROP TARD de Georges Moustaki « Le temps qui passe »

Si Georges Moustaki avait été cycliste professionnel, il aurait sans doute été maillot jaune dans la tête de Véronique, tant cette dernière aime cet artiste et son répertoire, d’où elle extirpe au passage quelques titres comme Le facteur, La solitude… ou encore Il est trop tard, que cette adepte des chansons à texte couvre d’éloges. « C’est une pièce sur le temps qui passe, et en même temps une piqûre de rappel sur la valeur de la vie et la façon dont il faut savoir en profiter pour bien en apprécier les moments et en savourer les goûts. Rien ne doit être laissé de côté. » Parole d’une femme qui a retenu la leçon après avoir vécu un deuil.