(©E.Vial)

FESTIVAL JAZZPOTE DU 1er AU 10 JUILLET 2016 AU THÉÂTRE EN BOIS DE THIONVILLE

Daniel Humair, soucieux de toujours chasser l’ennui, a su se renouveler sans cesse au cours de ses quelque 60 années de carrière : il récidive avec son quartet composé des fulgurants Vincent Peirani, Émile Parisien et Jérôme Regard.

Il serait plus simple de mentionner les jazzmen avec qui Daniel Humair n’a pas joué. Considéré comme l’un des plus grands batteurs de sa génération, il a frayé avec les plus fameux musiciens de ces trente dernières années : Kenny Dorham, Bud Powell, Chet Baker, Eddy Louiss, Michel Portal, Dave Liebman, Martial Solal avec qui il entretiendra une longue collaboration, son fameux trio avec François Jeanneau et Henri Texier… ces dernières années, il s’est aussi associé à de jeunes musiciens prometteurs. En 2012, sort l’album Sweet and sour aux côtés du bouillonnant saxophoniste Émile Parisien, du contrebassiste Jérôme Regard et de l’accordéoniste Vincent Peirani, qui replace l’accordéoniste au cœur de la sphère jazz. « Avec des solistes comme ça, j’ai l’impression de toujours faire des progrès, lâche Daniel Humair. Parisien est un saxophoniste du plus haut niveau, Peirani un petit génie : l’accordéon a été délaissé un temps simplement parce qu’il n’y avait plus de pointures. Lui a un vrai vocabulaire. » Daniel Humair aime laisser l’initiative à chacun de ses complices. Sweet and sour (« aigre-doux ») constitue un mélange homogène, à la fois doux et piquant, tendre et acide, fait de compositions apportées par chacun, comme un bon repas entre potes. Cette intelligence gourmande donne au son du quartet toute sa qualité et sa vitalité. « Je n’ai pas une attitude de chef d’orchestre, je chapeaute simplement une conversation. Cette approche change tout ! explique le batteur de 78 ans. Et je n’ai plus envie de jouer comme dans les années 60, ça m’ennuie. Aujourd’hui le jazz s’enrichit du rock, de la pop… même un tango ou une valse, ça peut marcher. L’essentiel, c’est que ça swingue ! » 

Vendredi 8 juillet