Samouraï 731 est le premier thriller du lorrain Frank Seigneur. Une belle réussite que ce polar qui, à la manière d’un cold case, mêle intrigue contemporaine et histoire régionale.  Le livre a décroché le prix « Ça m’intéresse Histoire 2014 ».
samouraï 731

(© US Army / Droits réservés)

« Une découpe à la verticale quasi parfaite. A tel point que de l’entrejambe à ce qu’il restait du col de chemise, le costume du malheureux en suivait la ligne sans un centimètre de débord. À croire qu’il avait joué à saute-mouton sur une scie circulaire long size. Cette coupe d’une précision millimétrique était un rêve de carabin et un cauchemar de flic ». Yann Valroff, c’est le nom du flic en charge, avec son équipe d’enquêter sur ce cadavre retrouvé dans une forêt vosgienne, à proximité de Firville (commune imaginaire), découpé en deux morceaux. Un second cadavre attend Valroff à Paris. Les deux crimes ont en commun de répondre à des codes d’honneur des fameux samouraïs. Des Japonais ont bien fait parler d’eux dans les Vosges mais c’était en 1944. Ils faisaient alors partie d’un régiment américain qui a libéré Firville. C’était il y a 55 ans (l’intrigue se déroule en 1999). L’un d’eux était un samouraï, « Le Samouraï des Neiges » pour reprendre les mots de Lucien, un vieux bougre alcoolique qui a vu ce soldat Japonais décapiter dix Allemands, à lui tout seul. Et si cet épisode, que d’aucuns considérèrent comme une légende, avait un rapport avec les crimes ? Au fil des investigations, des pans du passé se révèlent et éclairent les faits nouveaux, sous un angle inattendu. C’est bien ce parti pris d’aborder cette histoire à la manière d’un cold case qui rend ce polar contemporain particulièrement captivant. Une remontée dans le temps qui s’avère d’autant plus savoureuse que, si Franck Seigneur fait preuve d’une belle imagination pour nous servir une intrigue passionnante, il s’appuie sur un arrière-plan historique. Les faits sont réels et se sont déroulés dans l’Est de la France pendant la seconde guerre mondiale. La fin de cet épais roman se termine par une douzaine de pages consacrées à l’histoire des soldats japonais et hawaïens du 100/442ème RCT de l’US Army.