La Rome du Nord n’a pas volé son surnom. Que ce soit pour une escapade en amoureux ou une cure d’Histoire, la baroque Salzbourg ne laisse pas indifférent, à l’image de son alléchante Getreidegasse. Dominée par une forteresse et ceinturée de montagnes, la ville de Mozart allie culture, nature et art de vivre.

SALZBOURG-(©123RF)Le romantisme semble avoir été inventé pour Salzbourg, surnommée la Rome du Nord. Une balade dans ses rues piétonnes le soir, ou au bord de la rivière Salzach, pour y voir se refléter les lumières de la ville, accentue le charme de cette belle baroque où plane en permanence l’ombre de son enfant prodige, Wolfgang Amadeus Mozart, dont la maison natale et sa façade jaune figurent parmi les incontournables, que l’on soit mélomane au non. Pour prendre la mesure de cette beauté vénéneuse, il faut prendre de la hauteur, en faisant travailler ses mollets, ou en prenant place dans un funiculaire qui vous conduit au château d’Hohensalzburg. Situé sur la colline des Capucins, ce joyau emblématique de la cité autrichienne – une des forteresses les mieux conservées d’Europe – offre une vue imprenable sur le centre historique, classé en 1997 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le café Stein est un autre endroit pour savourer le festin offert par la forêt de dômes et de clochers encerclée de montagnes. Les amateurs de trésors architecturaux auront l’embarras du choix dans cette ville de presque 1 000 ans, où les nombreuses petites ruelles font voyager dans le temps et les styles, que l’on pense par exemple à la pittoresque Getreidegasse, avec ses maisons hautes et étroites, ses boutiques alléchantes et ses cours intérieures romantiques. La cathédrale Saint-Rupert, aussi appelée cathédrale de Virgilio, est l’un ce ces trésors. C’est dans ce monument de style baroque, le plus visité de Salzbourg, qu’a été baptisé Mozart. Dans un autre genre, la Renaissance, le château d’Hellbrunn, qui fut autrefois la résidence d’été du prince-archevêque Markus Sittikus, mérite aussi un détour, ne serait-ce que pour ses jeux d’eau uniques au monde. Pour faire plus ample connaissance avec l’ADN local, une halte s’impose au Musée de Salzbourg, considéré comme un des plus beaux d’Europe. Sa collection retrace de manière interactive l’histoire de la ville, en insistant sur le règne des archevêques, mais aussi sur le savoir-faire et les traditions des Salzbourgeois, en matière de musique et de peinture notamment. Puisque l’on parle de musique, il faut citer son festival axé sur le répertoire classique, un des plus cotés de la planète, qui célébrera son centenaire en 2020.  Si les amateurs de culture seront comblés par cette proche voisine de l’Allemagne, qui décline chaque année quelque 4000 manifestations dans ce domaine, les fins gourmets ne seront pas en reste. Le land de Salzbourg possède en effet le plus forte densité de restaurants primés par des toques d’Autriche. Salzbourg se distingue aussi dans le registre de l’agriculture bio. Dans ce domaine, la région se démarque clairement à l’échelon national, et elle se classe parmi les plus importantes en Europe. Le marché de l’Universitätplatz, haut lieu du terroir local, décline d’ailleurs une grande variété de fruits et légumes bios.  Bien évidemment, une visite de Salzbourg ne serait pas tout à fait la même sans une escale dans un de ses nombreux cafés distingués, ces lieux chargés d’Histoire faisant partie intégrante des circuits touristiques. À commencer par le doyen du pays, le Tomaselli, où il est fortement conseillé de commander un strudel aux pommes accompagné d’une bonne dose de crème fouettée. Une certaine idée du plaisir dans une ville qui semble tout droit sortie d’un dessin animé de Walt Disney.


Mozart-(©-DR)DANS L’INTIMITÉ DU MAÎTRE…

Qui dit Salzbourg dit bien entendu Mozart, omniprésent dans cette ville de 150 000 âmes, jusque dans ses cafés, où l’on peut déguster le fameux Mozartkugel, un délice créé par le maître confiseur Paul Fürst en 1890. Difficile de ne pas succomber à cette combinaison de nougat, de pâte d’amande et de chocolat ! Deux résidences permettent de retourner sur les traces de ce prodige de la musique qui composa plus de 600 œuvres, dont des monuments comme La Flûte enchantée et le Requiem. D’abord sa maison natale, où il vécut le plus longtemps, reconnaissable à sa façade jaune. Il y vit le jour le 27 janvier 1756, soit 9 ans après que ses parents aient emménagé au 9 de la Getreidegasse. L’appartement de deux étages est aujourd’hui devenu un musée qui abrite entre autres quelques pièces maîtresses comme son violon d’enfant ou son piano-forte, mais aussi des dioramas illustrant l’histoire de ses représentations à l’opéra. La seconde habitation, qui se visite dans la partie moderne de la ville, sur la Makartplatz, restera dans le giron familial jusqu’en 1787, année de la mort du père du compositeur autrichien. Aussi appelée Maison du Maître de Danse (on y dispensait dès 1711 des cours de danse aux nobles), cette bâtisse datant de 1617 vaut notamment le détour pour sa remarquable collection de pianos. Le jeune Mozart y a écrit plusieurs œuvres, dont le Roi Pasteur, un de ses premiers opéras. La résidence fut en partie détruite pendant la Seconde guerre mondiale, avant de faire l’objet d’un programme de restauration en 1994, sous l’égide de la Fondation internationale Mozarteum.