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En matière de mobilité transfrontalière, il faut multiplier et diversifier les solutions de transport, raisonner et agir à l’échelon de la Grande Région, affirme Roger Cayzelle, président de l’Institut de la Grande Région (IGR). 

Roger Cayzelle mobilité transfrontalière

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Quel regard portez-vous sur la mobilité transfrontalière ? 

Je le dis et le répète depuis des années, en ce qui concerne la mobilité, l’État français n’a toujours pas pris la mesure de ce qu’est notre espace transfrontalier. Cela fait maintenant des années que le projet d’A31 bis est acté. Cela n’avance pas. Alors d’autres solutions émergent et sont étudiées, des bonnes comme des plus discutables, afin de faciliter les déplacements transfrontaliers. Tant et si bien qu’aujourd’hui, je ne suis pas certain que les Lorrains s’y retrouvent. Tout cela donne le sentiment de tourner en rond et c’est certainement le cas.

Quelles sont les bonnes solutions ?

L’augmentation du cadencement des TER est une bonne initiative, tout comme la multiplication des P&R. La création d’une sorte de RER mérite que l’on s’y intéresse. De toutes façons, une chose est certaine en matière de mobilité transfrontalière : il est fondamental de multiplier et diversifier les solutions. L’A31 bis et la multiplication des RER, ne suffiront pas à répondre aux besoins en mobilité de demain. Il faut innover, tester. Personnellement, je ne crois pas une seconde en un monorail. Mais pourquoi ne pas se pencher sur le sujet, dès lors que cela ne ralentit pas les autres projets et dossiers.

Le télétravail offre-t-il des perspectives intéressantes ?

Il est nécessaire effectivement de se pencher sur le télétravail (transfrontalier) même si le sujet est complexe et implique de parvenir à trouver des équilibres durables. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que près de 50% des frontaliers français ne peuvent pas télétravailler compte tenu de leurs activités (dans le commerce, notamment). Mais quoi que l’on fasse, il importe, selon moi, de raisonner et d’agir à l’échelon de la Grande Région. Il nous faut, tous travailler ensemble, à une stratégie intelligente de métropolisation. Le Grand-duché en est bien conscient aussi : il y a des limites à l’aspiration permanente de la part de Luxembourg dont le dynamisme économique qui s’accompagne de multiples projets de développement (immobilier de bureau, projet de nouvel hôpital, plateforme logistique de Bettembourg, commerce, Université…) fragilise l’économie des territoires du nord de la Lorraine, notamment. Ce n’est tenable pour personne.


A31 bis Ça discute toujours

a31 bis Luxembourg mobilité transfrontalière

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Les discussions, négociations et autres concertations sont toujours d’actualité. 

Dernière nouvelle proposition en date, celle du maire de Florange, Rémy Dick. Il suggère qu’elle traverse l’ancien site de la Cokerie d’Arcelor Mittal (qui a récemment fermé ses portes), plutôt que d’emprunter un tunnel passant sous sa commune, comme le privilégie une majorité d’élus du nord-mosellan. Passage sous-terrain qui lui-même fait l’objet d’études quant à son tracé par les services de l’État. 

Vous avez-vous un avis sur le dossier, rendez-vous sur www.enquetea31bis.fr. La DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) qui souhaite approfondir sa connaissance du choix d’itinéraire des usagers de la route, vous invite à vous exprimer, vous aussi, sur l’A31 bis. « Cette enquête dite ‘de préférences déclarées’ vous propose des choix fictifs entre 3 itinéraires possibles selon le temps de parcours, le coût et des notions de confort de conduite. Pour ces choix fictifs, veuillez-vous représenter une situation hors crise sanitaire COVID-19 (hors couvre-feux, hors confinement, avec vos habitudes normales de déplacements) », précise la Direction. Vous pouvez répondre au questionnaire jusqu’au 20/02/2021.

Une petite info, encore : selon une étude de la DREAL, d’ici 2030, le trafic sur l’A31, devrait progresser de 44% et même de 75% en 2050. Mais d’ici là, le dossier de l’A31 bis devrait avoir progressé, comme ceux de toutes les autres alternatives et options envisagées.