(© Yaël Paris)
Quand il ne se plonge pas dans les études, avec l’enseignement pour horizon, Vincent Lebrun navigue dans les eaux de la musique, agitées de préférence. Bassiste au sein du groupe de rock Fuzzphorus, cet amateur de jeux de rôle sera de passage à Metz, sa ville natale, le 5 décembre pour un concert au pub O’Carolan’s Harp. Avis aux amateurs.

Dans la vie de Vincent Lebrun, la musique est un sujet récurrent, du genre à s’incruster. Du genre aussi à faire vibrer les cordes de sa basse au sein d’un trio qui se fait appeler Fuzzphorus et boxe dans la catégorie des sons lourds. Du rock granuleux, psychédélique sur les bords, progressif dans l’âme. Après un premier EP, Electronics at Work, sorti en 2012, la formation stoner a débouché le champagne deux ans plus tard avec le baptême d’un premier album auto-produit, intitulé Dare ! You Fuzzy Basterds et plutôt bien nourri (10 titres). Metz, Vincent y a vu le jour, avant de dérouler son enfance dans le département voisin de Meurthe-et-Moselle, à Jarny, puis d’entreprendre des études à Nancy. En pleine préparation d’un Capes SVT (Sciences et vie de la Terre), il se destine à l’enseignement, avec lucidité, conscient que le monde de l’Éducation réserve son lot de difficultés. Outre la musique, c’est vers les jeux vidéo qu’il se tourne pour occuper son temps libre, ou encore les jeux de rôles, qu’il pratique avec des amis au cours de soirées où des aventures issues de leur imagination prennent forme avec quelques dés et du papier…

LE VOL DU DRAGON d’Anne McCaffrey « Une grande saga humaniste »

Pour débuter ce premier chapitre, il faut remonter à son adolescence. Son coup de cœur lui vient de la bibliothèque de son père. « Un livre que je lui ai emprunté et qui m’a suivi lorsque j’ai pris un appartement ». Ce roman, c’est le Vol du dragon, premier tome d’une saga cataloguée dans le genre flou de la science fantasy, qui fera la renommée de son auteure, l’Américaine d’origine irlandaise Anne McCaffrey. « Cette grande épopée humaniste a influencé mon imaginaire et ma façon de voir les choses », confesse celui qui a pris ses distances avec ce type de littérature, exception faite des vieux classiques.

GHOST DOG de Jim Jarmush « Un bon mélange de genres »

« Quand on me demande de choisir un film, je pense toujours à celui-là. » En l’occurrence, signé Jim Jarmush en 1999, avec Forest Whitaker dans le rôle principal. L’acteur américain incarne un tueur à gages qui vit selon les préceptes du Hagakure, le code d’honneur des Samouraïs du Japon médiéval. « J’aime beaucoup l’histoire de ce personnage qui va au bout de sa logique. Je revois toujours avec plaisir ce film qui sans être un chef-d’œuvre est plus complexe qu’il n’y paraît. Il emprunte des codes au cinéma nippon mais aussi au western, et ce mélange des genres fonctionne bien. J’ai aussi un faible pour la bande originale, qui a été composée par un des membres du Wu-Tang Clan. ».

THANK GOD FOR SINNERS de Ty Segall « Une chanson qui rappelle l’été »

« Du rock pop indé très sympa et accessible. » Vincent évoque le prolifique chanteur et guitariste californien Ty Segall, qu’il a découvert récemment par l’intermédiaire d’un ami. La chanson Thank God For Sinners est tirée de l’album Twins, sorti en 2012. « Je l’ai choisie parce qu’elle rappelle l’été, et qu’avec le beau mois de novembre que nous vivons, elle est de circonstance. » Son dernier gros coup de cœur ? « The Jesus Lizard. Il y a aussi le groupe québécois Godspeed You! Black Emperor, que je considère comme le nouveau Pink Floyd. De la musique psychédélique très orchestrale. C’est vachement bien ! ».