Plus court, plus dense et surtout plus rock, L’Âme ourdie, le nouvel album du messin Fabergo, se démarque quelque peu de la ligne poétique et satirique des précédents opus, et gagne en maturité sans perdre de son charme.

 

Fabergo (© DR)Dès les première notes d’Écran total, le titre d’ouverture du nouvel album écrit et composé par Fabien Bertrand, on est accueilli par des guitares franches et des paroles scandées avec force : qu’on se le dise, Fabergo amène une énergie et une épaisseur instrumentale décuplée par rapport aux deux précédents albums, L’Ivre d’Hors en 2009 et Le Saoul venir en 2012 (mais conserve son goût pour les titres biscornus). L’écriture est à l’avenant, plus introspective ; cet album de six titres est composé pour moitié de chansons inédites et de textes écrits voici plusieurs années. « Je ne savais pas comment les faire écouter à l’époque, explique Fabien Bertrand. Aujourd’hui, j’ai l’état émotionnel adéquat pour les chanter, idem pour les arrangements ».

Un nouvel ingénieur du son, en la personne de Samuel Ruzzu, s’est chargé « d’ouvrir le champ des possibles » et de donner cette teinte rock au son de Fabergo… qui est loin d’opérer un virage à 180°. On retrouve les cuivres, toujours présents, l’humour, la passion sur Créature féroce, la légèreté même sur Matins (dont un clip est en projet avec les vidéastes de Super 5), et la présence grandissante de la chanteuse et frangine Joanna Bertrand, quasiment en duo aux côtés de Fabien sur L’Âme ourdie. « Joanna a plusieurs rôles au sein de Fabergo, et c’est aussi une soliste : sur cet album, elle est indispensable à la couleur de tous les titres » précise Fabien.

Cet attachement au rock donne de l’épaisseur et du rythme à l’univers de Fabergo, avec des clins d’œil à Eiffel ou à Noir Désir (Je suis parti). La promesse de lives intenses, et peut-être de nouvelles surprises de la part d’un groupe qui semble avoir gagné en confiance.

www.fabergo.com