CABANES FESTIVAL DE MOSELLE

La Blah Blah Blah Cie est partie à la (re)découverte de Metz pour créer Périphérie, un « docu-concert » en forme de chronique d’une errance rêveuse, entre documentaire et création sonore marquée par son environnement, la ville, mais aussi ceux qui la peuplent.
Périphérie-(©DR)

Périphérie parcoure les artères de Metz sous toutes les coutures (©DR)

Musicien de formation ayant fait ses classes au Conservatoire d’Amnéville, Gabriel Fabing, directeur artistique de la Blah Blah Blah Cie, s’intéresse rapidement au travail des illustrateurs sonores du spectacle vivant, avant de fonder sa propre compagnie en 2010 : installations, performances de rue, interactions face à l’image, la danse, le théâtre… toujours, la mise en espace constitue « la clé » de son travail. Expérience inédite pour l’artiste, Périphérie est marquée par le sceau de l’exploration et de la découverte.
Cette « relecture subjective audio-visuelle » de la ville débute par une récolte. Les artères de Metz (et celles de Boulay, pour un projet identique) sont ainsi parcourues par deux vidéastes qui la détaillent sous toutes ses coutures, filment à des allures et sous des angles différents, à pied, en vélo, en voiture, en train, en drone. Visuellement, il s’agissait de recréer une esthétique plus proche du cinéma que du documentaire. « Le but est que les gens reconnaissent leur ville, mais surtout qu’ils la perçoivent différemment, précise Gabriel Fabing. Nous avons fait le parti-pris d’un montage brut au bénéfice de la poésie ». Enregistreur en main, Antoine Arlot, le narrateur de Périphérie, commente sa déambulation, qui deviendra presque un travail d’enquête au fil des rencontres avec les habitants. Le son des fontaines, des clochers, le brouhaha ambiant est également recueilli comme une matière première. « Dans toutes les villes, on retrouve ces éléments « périphériques », qui nous servent à recréer un contexte sonore, une ambiance improbable avec laquelle on s’amuse beaucoup » explique Gabriel Fabing.

La matière sonore récoltée servira à réaliser des compositions inspirées par la musique concrète et jouée en direct sur scène par trois musiciens, aux côtés de l’Harmonie municipale de Metz (voir encadré). « Sur un tel projet, cela nous est apparu comme une évidence de travailler avec les acteurs locaux, avance le directeur artistique. À Metz, le chef d’orchestre, Arnaud Tutin, m’a beaucoup conseillé pour l’interprétation de ma composition. On joue presque toujours en même temps : le résultat peut être très rock ou très atmosphérique, selon les ambiances qu’évoquent les images ». Un dispositif de multi-diffusion sonore renforcera l’immersion du spectateur dans ce voyage aux allures d’expérience, inspiré par le cinéma de Terry Gilliam, la démarche poétique de l’activiste street-art Banksy, la musique de Stockhausen. Loin de se vouloir déroutant, Périphérie, sous ses airs d’OVNI, analyse le cœur de la ville pour saisir son identité, étonner et évoquer. 

Le 20 septembre à 16h dans la Grande salle de l’Arsenal.

Entrée libre.
Billets à retirer à l’Arsenal dès le samedi 19 septembre à 14h
www.arsenal-metz.fr
www.blahblahblahcie.com


HARMONIE EN IMMERSION

harmonie-municipale-Metz-(©-Ville-de-Metz)

En collaboration avec la Blah Blah Blah compagnie, l’harmonie municipale de Metz joue le mélange des genres pour le spectacle Périphérie (© Ville de Metz)

Gabriel Fabing et la Blah Blah Blah Cie ont déjà expérimenté la rencontre avec la musique d’harmonie à travers le projet Elektronik Orkest, avec les écoles de musique et l’Harmonie de Bitche. De la même façon, Périphérie invite les musiciens à sortir des cadres et à intégrer leur propre univers à la création. « Jouer sur une musique électronique par exemple brouille un peu nos repères, notamment acoustiques, explique Arnaud Tutin, chef d’orchestre de l’Harmonie municipale de Metz. Mais tout le monde s’est vite pris au jeu ». Après quelques échanges autour des compositions de Gabriel Fabing pour les adapter aux possibilités et aux besoins de l’harmonie, une première lecture a permis à chacun de prendre ses marques, et de se rendre compte de la rigueur qu’exige une telle collaboration jouée en direct. « Au final, nous sommes complémentaires, décrit Arnaud Tutin. Le son de l’orchestre renforce l’immersion sonore, qui est une des bases de Périphérie. Ça montre aussi qu’une harmonie sait mélanger les genres et les répertoires ».