Propulsé par le label nancéien Ici d’ailleurs, The Third Eye Foundation nous ramène, huit ans après The Darkdans les profondeurs insondables de ses sonorités électroniques et acoustiques avec Wake the dead.

Matt Elliott est originaire de Bristol, capitale de la musique trip-hop et berceau de nombreux artistes adeptes d’une électro inspirée et profonde, parmi lesquels Massive Attack et Portishead sont les plus célèbres. L’influence de cette scène britannique si dynamique, Matt Elliott, leader de The Third Eye Foundation, l’a « dans le sang » même s’il s’en démarque musicalement avec ce groupe qu’il aura laissé en sommeil pendant huit ans afin de mieux donner de la voix sur un projet non moins enthousiasmant, mené sous son propre nom.

On retrouve avec bonheur les univers instrumentaux, volontiers étouffants et anxiogènes, de la formation composée ici de Gaspar Claus au violoncelle, Raphaël Séguinier à la batterie et David Chalmin aux machines, aux claviers et à la production. Seules voix présentes sur Wake the dead, des chœurs lointains, comme autant d’échos inquiétants. « J’ai grandi en écoutant les chœurs d’une église orthodoxe, qui m’émouvaient beaucoup, raconte Matt Elliott. Leur présence dans ma musique est comme une invocation de ce passé. Même si je ne comprenais pas les textes, ça me fascinait. Ça a un effet magique, ça ne s’explique pas…»

Matt Elliott souhaite toujours éviter le syndrome « miserable music ». Car la musique de The Third Eye Foundation ne nous déprime pas, elle nous entraîne, au sein d’une atmosphère volontiers aérienne malgré le fait qu’elle semble résonner parmi les profondeurs. « Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sombre ou pessimiste, indique-t-il. Il y a certaines sensations, certains épisodes de ma vie que j’ai utilisés à travers la musique, qui peut être une thérapie. Mais c’est toujours pour convoquer la beauté. » Aucun doute : les six pistes de Wake the dead forment une véritable cathédrale, à explorer sans relâche, et dont on ressort envoûté.

Wake the dead, chez Ici d’ailleurs
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