Avec le premier tome de Bella Ciao, à paraître le 16 septembre chez Futuropolis, le lorrain Baru effectue son retour avec un grand récit évoquant l’intégration des immigrés italiens, entre Histoire et histoires. Chez Futuropolis.

Natif de Thil, près de Villerupt, Hervé Barulea est devenu en un peu plus de trois décennies un grand monsieur de la bande-dessinée française, auteur d’une vingtaine d’albums, récompensé notamment par deux prix du meilleur album et un Grand prix à Angoulême. Dès 1984 avec Quéquette blues, puis avec La Piscine de Micheville ou encore Les Années Spoutnik, il évoque son histoire personnelle, celle d’un fils d’immigrés italiens dans un bassin minier en voie d’extinction. Sa passion pour le rock’n’roll et les polars marquent également sa bibliographie. Dix ans après son dernier album au scénario et au dessin, Baru revient avec une saga ambitieuse, prévue en trois tomes, en forme de regard en arrière mêlant la grande et la petite histoire.

Le tome « uno » de Bella Ciao débute par un drame : en 1893 aux salines d’Aigues-Mortes, les frictions entre français et italiens mènent à un lynchage ; l’occasion d’une ouverture impressionnante de tension, superbement mise en scène. Les chapitres qui suivent voyagent entre les époques, des années 30 où fascistes et communistes s’affrontent aux plus insouciantes années 60 et 80. Baru s’adosse à l’Histoire et à des « miettes autobiographiques » pour mieux laisser la place aux émotions et illustrer la construction d’une identité collective. Un récit dont la chanson Bella Ciao, l’hymne des partisans italiens entonné par des générations d’immigrés, constitue un symbole… et un mythe. Mais « ce qui compte, c’est les millions de gens pour qui Bella Ciao est et restera une chanson de résistance » comme le dit l’un des personnages. Avec un dessin toujours aussi dynamique et vivant et un sens du cadrage quasi-cinématographique, le lorrain livre un regard sur son travail de raconteur d’histoires, son héritage et un siècle d’intégration italienne entre épreuves et bonheurs.