Sur HBO & OCS Saison 1

Cela fait déjà quatre ans que la BBC a annoncé l’adaptation sur petit écran de la trilogie best seller de Philip Pullman, His dark materials (en français, À la croisée des mondes) réalisé par Jack Thorne : avec l’ajout à la production de la chaîne HBO, la série verra enfin le jour le 4 novembre. De multiples univers parallèles vont alors s’offrir aux spectateurs, où magie et fantasy côtoient la science, la métaphysique et les combats épiques.

Voilà six mois que Game of Thrones a tiré sa révérence : il est grand temps pour HBO de trouver une remplaçante capable de se mesurer à sa série phare. Et c’est en His dark materials que se fondent tous les espoirs de la chaîne. Le show est adapté de la trilogie de romans fantastiques s’adressant aux jeunes adultes mais qui a su captiver un public beaucoup plus large depuis 1995. La série, tout comme les romans auparavant, nous plonge dans une ambiance « steampunk », autrement dit une uchronie qui mêle l’esthétique de l’époque victorienne et de la révolution industrielle à des éléments futuristes, et qui fait la part belle aux machines à vapeur et autres objets mécaniques en cuivre, en cuir et en laiton. C’est au Jordan College d’Oxford que l’on rencontre la jeune et rebelle Lyra Belacqua. Elle fait les quatre cents coups, accompagnée de son meilleur ami Roger, et de Pantalaimon, son daemon : il s’agit là de la représentation matérielle de son âme, et dans l’univers d’À la croisée des mondes, tout le monde en est doté. Le daemon de Lyra passe son temps à changer de forme : chat, chien, oiseau, tout y passe. Le daemon ne se fixe en effet qu’à la puberté. Un jour, des centaines d’enfants, parmi lesquels se trouve Roger, disparaissent mystérieusement, enlevés par ceux que l’on nomme les Enfourneurs. Déterminée et n’écoutant que son courage, Lyra part alors à la recherche de son ami, passant d’un univers à l’autre. Ses aventures épiques marqueront différents rites de passage à l’âge adulte et seront rythmées par de nombreuses rencontres, pas toujours plaisantes : on retrouve notamment Lord Asriel (James McAvoy), l’oncle sévère et froid de Lyra. C’est à cet érudit que l’on doit la découverte de la Poussière, mystérieuse particule élémentaire douée de conscience, qui lie les êtres humains à leur daemon, mais qui est considérée par l’Eglise comme la preuve physique du Pêché originel. Outre Asriel, Lyra fera la rencontre de la brillante et fascinante Mme Coulter (Ruth Wilson), de l’aéronaute Lee Scoresby (Lin-Manuel Miranda) ou encore de l’ours polaire en armure Iorek Byrnison. Certains se souviendront peut-être que le premier roman de la trilogie a déjà fait l’objet d’une adaptation filmique en 2007 (sous le titre de La Boussole d’or). Mais malgré de beaux noms au casting (notamment Daniel Craig et Nicole Kidman), l’œuvre n’a pas su convaincre le public et a été classée sans suite. Et pour cause : le film a évincé les thématiques les plus importantes des livres. À la croisée des mondes traite en effet de sujets que d’aucuns considèrent comme épineux : parmi les principaux combats de l’adolescente, on retrouve celui contre la religion et le clergé de son propre monde, que le film de 2007 a pris soin d’éluder, quitte à affadir l’œuvre originale. Cette dernière mélange habilement science, magie et théologie, sur fond d’interrogations philosophiques et métaphysiques.


Influences littéraires à foison

L’œuvre fantastique de Philip Pullman est constellée de références diverses aux grands textes littéraires. Bien entendu, l’auteur s’appuie beaucoup sur les textes bibliques (notamment ceux de la Genèse et de la Chute), et sur ceux des mythes grecques, romains et nordiques. Par conséquent, si L’Anneau des Nibelungen et Le Seigneur des anneaux ont eu une influence notable sur la création de l’univers et de la mythologie des romans de Pullman, c’est Le Paradis perdu, de l’anglais John Milton, qui se présente comme la première source d’inspiration de l’écrivain. La preuve : His dark materials, le titre original de la trilogie, est une citation directe du poème de l’auteur du XVIIe siècle. Par ailleurs, la voix de nombreux auteurs et autrices résonne dans la trilogie, que l’on pense à Mary Shelley, William Blake ou encore Heinrich von Kleist.