Platines, c’est l’histoire d’un vieil écrivain qui vit reclus, dans un couvent. Mais une rencontre avec une petite rockeuse aux cheveux blond platine, va rouvrir des portes closes. De Julien Decoin, aux éditions du Seuil.

Jean, 78 ans, est un écrivain qui n’écrit plus. Il vit en reclus dans le couvent déserté qu’il a acheté à la campagne, pas très loin de Paris. Jean n’est pas n’importe qui dans le monde de la littérature. Riche et célèbre, il a obtenu le prix Goncourt en 1978 pour son roman Platine, qu’il a lui-même adapté au cinéma. Platine, c’est le nom de l’héroïne, une chanteuse de rock, qu’il avait rencontrée à New York, en 1976, dans un bar underground. Grâce à Platine, le jeune écrivain va croiser des légendes vivantes : William Burroughs, Andy Warhol ou Nico. Tout cela va durer quelques temps jusqu’à ce que l’histoire d’amour se fracasse. Et Jean aussi. Tout cela c’est loin. Un soir, alors qu’il revient d’une escapade, il s’arrête au bar PMU du village. Pour boire un coup. Pour être seul au milieu des autres. Mais dans le bistrot, un petit groupe amateur se produit. La chanteuse est une très jeune fille, blonde, platine. En l’apercevant, Jean sent en lui un fantôme se réveiller. Accepter de voir Marie, la petite chanteuse sans grand talent, c’est libérer le fantôme que la solitude a réussi à immobiliser, avec plus ou moins de succès. Mais c’est aussi une opportunité de libérer l’écriture. La suite est à découvrir dans le roman de Julien Decoin qui confie s’être inspiré de la chanteuse du groupe Blondie, Debbie Harry, pour écrire Platines. L’ouvrage est savoureux à souhait, un cocktail qui a le goût de la nostalgie, du rock et de la poésie. C’est le troisième roman de Julien Decoin, 34 ans, à qui l’on doit déjà Un truc sauvage (2014) et Soudain le large (2017). L’auteur travaille également dans le cinéma comme assistant réalisateur. L’an dernier, il a réalisé son premier court-métrage intitulé L’autostoppeuse. Julien Decoin est bien le fils de l’Académicien Goncourt, Didier Decoin et donc le petit-fils d’Henri Decoin, le cinéaste.