Dans son dernier livre, Mon frère aux éditions Gallimard, Daniel Pennac raconte son frère décédé il y a 10 ans. Si l’ouvrage distille amour et tendresse, il est, aussi, sacrément plaisant à lire.

« J’ai perdu ce frère, Bernard, en 2007. Dix ans plus tard, en juillet 2017, je me suis réveillé à cinq heures du matin, avec en tête le souvenir très précis [de cette scène sur l’autoroute]. Je me suis immédiatement mis à l’écrire, et tout le reste du livre a suivi comme allant de soi », indique Daniel Pennac dans une interview à propos de son dernier livre, à lire sur le site de son éditeur Gallimard.  Ce frère a assurément beaucoup compté (et compte encore !) dans la vie de l’écrivain. « Pour silencieux qu’il fût, c’est ce frère qui m’apprit à parler. Et d’ailleurs à lire, plus tard, les romans qu’il aimait. Donc à écrire », souligne-t-il, au détour d’une page. Comprendre que si Daniel est écrivain, Bernard, y est pour quelque chose. Et pour raconter son frère avec lequel il était très complice (ils ont partagé la même chambre jusqu’à 11 ans), Pennac a choisi de multiplier les allers-retours entre les souvenirs drôles, émouvants, parfois cinglants, et un texte, celui de Bartleby le Scribe (celui du fameux I would prefer not to) de Melville, que l’auteur a voulu monter au théâtre, peu après la mort de Bernard. Tout cela fait, aussi, un bon livre, qui accroche, car il est plein de rythme, plein d’amour et de vie, aussi. « Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde […] »