© Ditex

L’UPS DITEX, centre d’excellence né de la collaboration entre Dassault Systèmes et l’Université de Lorraine, et ses partenaires ont conçu un respirateur à ventilation non-invasive. Efficace, rapide et peu coûteux à fabriquer, il pourrait faire l’objet d’une industrialisation dans sa version la plus évoluée. La version de base est quant à elle, accessible gratuitement.

« Face à la crise sanitaire provoquée par le COVID-19, différents états dans le monde ont lancé des appels à projets à la recherche de solutions innovantes permettant de combattre cette maladie infectieuse grave. À l’UPS DITEX de l’Université Lorraine, nous avons décidé de nous investir en développant un respirateur à ventilation non-invasive facile à fabriquer et peu coûteux. Et cela afin de répondre à la pénurie de respirateurs observée en raison du nombre important de malades du COVID-19 dans les services de réanimations des hôpitaux », explique Nidhal Rezg, professeur des Universités et directeur général de l’UPS DITEX.

Durant plusieurs semaines (à distance, bien évidemment, compte tenu du confinement), toute une équipe composée d’universitaires, d’industriels et de médecins (voir ci-dessous) s’est mobilisée pour concevoir un prototype en impression 3D.

Le respirateur conçu dispose de trois options d’utilisation. La première option concerne un masque de protection imprimé en 3D et lavable plusieurs fois. L’option 2 du dispositif consiste en une utilisation comme un masque venturi à oxygène. L’option 3 traite du respirateur à ventilation non-invasive où le patient du COVID-19 est assisté par l’appareil pour respirer. « Il faut savoir que 20 % des patients atteints par le COVID-19 ont des insuffisances respiratoires aigües et 15% nécessitent une ventilation non-invasive », précise Nidhal Rezg « notre respirateur est une solution pour ces 15 % ».

Au registre des atouts, le respirateur de l’UPS DITEX et de ses partenaires, est facile et rapide à fabriquer puisqu’il ne nécessite qu’une demi-journée via une impression 3D. Les composants utilisés sont également fiables, peu coûteux et disponibles à travers le monde. La version 1 du respirateur est disponible en Open Source (tout le monde a donc accès aux informations et peut participer à son amélioration, le cas échéant), gratuitement téléchargeable depuis le site partagé par les différents partenaires du projet : https://upsditex.wixsite.com/respirateur3dvni. Quatre jours après sa mise en ligne, il avait déjà enregistré plusieurs centaines de connexions. Une version V2, plus évoluée, dotée d’un insufflateur peu encombrant, fonctionnel, ergonomique et proposant différents modes d’oxygénation, est également opérationnel pour un prix de revient de moins de 180 euros. À titre de comparaison, les respirateurs industriels à ventilation non-invasive, actuellement disponibles sur le marché, sont commercialisés entre 800 et 4000 euros, selon les modèles.

« Nous sommes en phase d’industrialisation du prototype V2 avec un dépôt de brevet. Nous avons établi des liens avec des industriels en France comme la société TECH-3D et OneTech, sise en Afrique du Nord, pour procéder à son homologation par les instances compétentes et passer ainsi à la phase de production du respirateur », confie le directeur de l’UPS DITEX. Le respirateur qui fait l’objet de tests a d’ores et déjà reçu un avis très favorable de la part d’un expert en réanimation du Centre Hospitalier Universitaire Saint-Pierre de Bruxelles. Selon ce spécialiste, le respirateur pourrait également être utilisé pour répondre aux besoins de patients souffrant d’apnée du sommeil obstructive chronique. Mais la priorité, pour l’heure, est de répondre, rapidement, aux besoins encore importants liés au Covid-19, notamment sur le continent africain où le coût du respirateur peut faciliter sa diffusion rapide. Et ainsi sauver des vies.

La version V2 est à découvrir en vidéo
https://youtu.be/YYEup1P0ZWM

Une collaboration exemplaire

Pour mener à bien ce projet de respirateur, l’UPS DITEX, qui est un centre d’excellence né de la collaboration entre Dassault Systèmes et l’Université de Lorraine, a constitué un groupe de travail avec différents partenaires : l’École Polytechnique de l’Université Centrale, institution membre d’Honoris United Universities (réseau panafricain d’enseignement supérieur privé) en Tunisie et la société d’ingénierie industrielle TECH-3D en Lorraine. Une équipe de médecins du réseau Honoris, dont le Professeur Chadli Dziri, éminent chirurgien et directeur du Honoris Medical Simulation Center à Tunis et le Dr Mamoun Ben Cheikh, anesthésiste et réanimateur, ont également été consultés sur la conception du prototype.